Roumanie: la crise risque de raboter le congé parental

Roumanie: la crise risque de raboter le congé parental
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Roumanie: la crise risque de raboter le congé parental - © RTBF

Depuis 2010, l’Union européenne s'est dotée d’un congé parental minimum de 4 mois. La Belgique a dû allonger d'un mois ce congé, par contre en Roumanie au même moment, crise oblige, le gouvernement a restreint les conditions du congé.

La nouvelle loi, votée rapidement fin 2010 et entrée en vigueur début 2011 impose dorénavant le choix entre un congé de 12 mois avec 85% du salaire, ou de 24 mois avec une allocation de 150 à 300 euros par mois, calculée en fonction du salaire.

Résultat: toutes les jeunes mères roumaines (ou les jeunes papas) ne peuvent pas profiter d’un congé aussi long qu'avant.

Pour beaucoup de jeunes parents, il a fallu choisir. Et beaucoup ont opté pour une seule année de congé tout en regrettant l’ancien système qui leur permettait de passer deux ans avec leur enfant, sans plafonner le soutien que l’état leur accorde.

L’association Mame pentru mame, créée en 2010 pour défendre les droits des mamans et futures mamans roumaines en période de crise, a combattu ce changement soudain.

Ana Măiţă, sa président, explique: “La loi est non seulement passée du jour au lendemain sans débat public. On a changé les règles du jeu en cours de partie. Malgré nos avertissements au gouvernement, aucune période de transition n’a été prévue".

Malgré les protestations de l'association, le gouvernement n'a pas modifié la nouvelle loi. Et ce n'est pas le minimum prévu par l'Europe qui y changera quelque chose.

Pour les classes moyennes, pour les parents responsables que défend Mame pentru mame, l’option longue s’avérait tout d’un coup beaucoup moins intéressante. Et pour ceux qui avaient déjà conçu leur enfant, la surprise était mauvaise. Une période de transition d'au moins 9 mois aurait pu éviter cela.

Le gain en terme d’économies sur les allocations n’a guère eu d’impact sur le budget de l’état.

Si pour les familles avec des revenus plus modestes la nouvelle loi n’a par contre rien changé, on a observé une chute de la natalité. Brutale, explique Ana Măiţă: “Le jour J du changement de législation était le 1er janvier 2011. Cette mesure extrême de la part du gouvernement a entraîné une réaction extrême de la population. On a vu des choses horribles: des femmes qui approchaient de leur date d’accouchement en décembre 2010 ont demandé leur gynéco de provoquer. Juste pour rentrer dans les délais et profiter de l’ancienne législation!

La seule réaction du gouvernement roumain est un projet de restreindre l’accès à l’avortement, légal pour l’instant en Roumanie, une idée qui rappelle la politique de reproduction forcée en vigueur sous le communisme dans ce pays.

 

JFH

 

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