Lettonie: Madara fabrique des cosmétiques anti-crise

Lotte Tisenkopfa est à la tête d'une PME de 65 personnes qui n'a pas souffert de la crise
Lotte Tisenkopfa est à la tête d'une PME de 65 personnes qui n'a pas souffert de la crise - © RTBF

Née au plus fort de la période faste du pays au plan économique, lorsque la Lettonie affichait un taux de croissance insolent de l’ordre de 10% par an, l’entreprise Madara a réussi à sauter l’obstacle de la crise de 2008. Elle occupe aujourd'hui 65 personnes et sa fondatrice, Lotte Tisenkopfa, remporte distinction sur distinction.

La crise bancaire de 2008 fut très douloureuse pour le petit Etat balte : en 2009, le PIB chutait de plus de 18% et le chômage s’envolait à près de 20% de la population active, poussé par un programme d’ajustement imposé par l’Union européenne et le FMI. Comme ses voisins, le petit " tigre de la Baltique " tirait la langue en affrontant le double choc de l’entrée dans l’Union européenne et de la nécessité de procéder à des réformes structurelles socialement douloureuses. Depuis 2011, la croissance est repartie au beau fixe, mais la crise dans la zone euro, principal débouché de la Lettonie, pourrait altérer l’optimisme fraîchement retrouvé.

Jeunesse et détermination

Dans ce contexte difficile Madara a pourtant réussi le pari de se déployer, au point de constituer une impressionnante  "succes story". Les ingrédients du succès sont nombreux. A commencer sans doute par la détermination affichée par Lotte Tissenkopfa, la principale fondatrice de Madara, sur un double plan : la volonté ancrée dès l'école de créer sa propre entreprise et l’intérêt pour les produits cosmétiques naturels, qu’elle mettait au point pour son propre usage.
Mais d’autres facteurs ont joué, des contraintes que la jeune entreprise a su transformer en atout. D’abord, le refus des banques de les aider dès le départ a forcé les quatre fondatrices à se concentrer sur l’essentiel, à limiter leurs ambitions initiales et, surtout, à mettre à contribution leurs réseaux familiaux et amicaux. Faire le mieux possible avec le moins possible a été leur leitmotiv. Ensuite, Madara n’a pas eu d’autre choix, vu l’étroitesse du marché letton, que de s’orienter directement vers l’exportation. La combinaison de ces deux contraintes a finalement constitué une véritable armure contre la crise.

Souci du détail

Et puis, Madara c’est aussi un concept : une attention particulière portée à l’environnement et à la qualité des produits entrant dans la fabrication, un management participatif qui fait la part belle au dialogue et un souci du détail qui fait la différence. Ainsi, les emballages des quatre permiers produits de la gamme ont été étudiés dès le départ pour susciter l'intérêt de la presse spécialisée. Bien vu. Celle-ci n'a pas tardé à se manifester: dès la seconde année, tous les magazines féminins qui comptent avaient parlé de Madara.

Six ans après sa création, la PME lettonne affiche un chiffre d'affaires en croissance permanente. Elle occupe 25 personnes dans son siège d'exploitation et de production, tandis que 40 personnes travaillent dans les boutiques de la marque. Madara est désormais présente dans 28 pays, et la gamme s'est étendue à une quarantaine de produits. Une croissance sans écueil. Jusqu'ici.


Thomas Nagant

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