Italie: les agences de notation ne lâchent pas l'os

"C'est une des options possibles", a déclaré à la presse Alessadro Settepani en évoquant la possible dégradation de la note italienne.

Le 16 décembre, Fitch avait indiqué qu'elle envisageait d'abaisser d'ici fin janvier la note de six pays de la zone euro dont l'Italie.

Le 10 janvier, lors d'une conférence organisée à Londres par Fitch, David Riley, chargé de superviser la notation des dettes souveraines au sein de l'agence, avait déjà indiqué qu'il y avait "une chance significative" pour que la note de l'Italie soit abaissée d'ici le 31 janvier, lorsque Fitch aura terminé son examen.

David Riley avait estimé que la situation de l'Italie était "explosive" car elle devait émettre cette année un montant "colossal" de dette.

Fitch avait déjà abaissé la note de l'Italie d'un cran début octobre à "A+".

L'Italie inquiète particulièrement les marchés parce qu'elle ploie sous une dette colossale de plus de 1900 milliards d'euros, soit environ 120% de son PIB, et va devoir réaliser le tour de force de lever cette année environ 450 milliards d'euros d'obligations.

Standard&Poor's poursuit sur sa lancée

Déjà, le 13 janvier, Standard&Poor's avait abaissé la note de la péninsule de deux crans, à BBB+.

Dans la foulée, la principale agence de notation a abaissé la note de la dette à long terme du groupe pétrolier italien ENI d'un cran à "A" contre "A+" auparavant.

Cette note est assortie d'une perspective négative, ce qui signifie que l'agence pourrait l'abaisser de nouveau à moyen terme.

La note de la dette à court terme du groupe a en revanche été confirmée à "A-1".

La dégradation de la notation d'ENI "suit celle de son actionnaire à 30%, la République d'Italie". Selon l'agence, "le profil de risque d'ENI est désormais moins solide en raison de son exposition à des risques économiques et souverains accrus en Italie".

"Une nouvelle dégradation de l'Italie devrait probablement entraîner une dégradation d'ENI", souligne Standard and Poor's.

Un environnement budgétaire sombre

Selon l'agence, des risques pour le groupe pourraient aussi découler de "l'environnement budgétaire" en Italie, où les plans d'austérité se sont multipliés depuis deux ans, de changements en terme de réglementation "qui pourraient contraindre sa capacité à générer de la trésorerie" et de "pressions" sur ses résultats opérationnels du fait de la dégradation de la conjoncture.

SP a également annoncé l'abaissement de la note de deux autres groupes contrôlés par l'Etat: la Caisse des Dépôts italienne, dont la notation a été abaissée de deux crans à "BBB+" contre "A" auparavant, et la Poste italienne, dont la note a été dégradée d'un cran à "BBB+" contre "A-" précédemment.

L'assureur Generali a également vu sa note abaissée d'un cran à "A+" contre "AA-" auparavant.

Jusqu'à présent, l'Italie comme les autres pays exposés de la zone euro a plutôt bien amorti le choc de la dégradation intervenue vendredi. Sur le marché des obligations d'Etat, la tendance est même à une détente des taux, signe que les nouvelles notations avaient été anticipées par les marchés. Mais la poursuite de la mise sous pression de la Péninsule aura inévitablement des effets sur ses capacités de refinancement, renforçant d'autant les difficultés budgétaires.

T.N. avec agences
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