Hongrie: les moteurs de demain seront propres

Hongrie: la Hy Go, deux mètres carrés de liberté urbaine, propulsée par un moteur à l'hydrogène
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Hongrie: la Hy Go, deux mètres carrés de liberté urbaine, propulsée par un moteur à l'hydrogène - © RTBF

Un jour, nous roulerons peut-être tous dans des voitures vertes. En Hongrie, des chercheurs et des ingénieurs expérimentent et développent déjà des moteurs et des voitures propres. Nous en avons découvert deux.

Depuis 2001 ANTRO produit des véhicules super légers, comme la "Solo", 600 kg pour ce concept car, moins de 500 kg dans le modèle quand il ira en production, tout cela pour trois places. Dans un deuxième temps, les cerveaux fertiles des trois inventeurs réunis dans cette association établie à Őriszentpéter dans l'ouest de la Hongrie imaginent de rendre interconnectables deux de ces véhicules pour en faire une auto à six places. Ainsi en semaine, le père ou la mère utilisent chacun leur Solo mais le weekend pour voyager ensemble, ils pourront assembler leurs deux voitures et avoir une familiale.
 
La Solo et la Duo ont été reprises dans la liste des 50 meilleures inventions de 2010 du Time magazine. 
 
Ce seront des voitures multi-hybrides. Et qui dit hybride, dit plusieurs sources d'énergie et plusieurs moteurs, un à combustion, un petit moteur pour l’appoint dans ce cas-ci, et un ou plutôt plusieurs moteurs électriques, situés dans les quatre roues et qui fournissent un efficace petit 8 kw par moteur. Mais ce n’est pas tout, explique l'ingénieur et investisseur Tamás Slezák: "En plus, on a un toit en panneaux solaires, des amortisseurs qui récupérent l’énergie ("parce les routes hongroises sont très mauvaises...") et... un pédalier. Cela fait rire les gens mais c’est très sérieux. On a ainsi la possibilité de faire du sport tout en conduisant. Cela ne produit pas des masses d’énergie en plus, mais ça permet de faire un peu de sport".

Voilà en tout cas une bonne réponse à la crise et à la hausse des prix du carburant. Pas très éloignée du vélo, le meilleur moyen de transport en terme de rendement, souligne Tamás Slezák. Son rayon d'action serait de 1000 kilomètres.

Pour l’instant, la voiture n’existe qu’à l’état de concept mais sa production pourrait démarrer dans trois ans avec 170 emplois à la clé et un objectif de production de 15 000 modèles par an. 
 
Les trois partenaires d’ANTRO dépendent des aides publiques car l’industrie automobile ne semble pas intéressée. Ils évaluent à 50 millions d'euros la somme nécessaire pour démarrer. En attendant, Tamás Slezák et ses partenaires ont trouvé un moyen de se faire la main avec un scooter léger électrique et pliant: 25 kilos, pas plus lourd qu’un vélo électrique.
 
Pile à combustible
 
ANTRO imagine aussi un jour passer au moteur à hydrogène. Le moteur à hydrogène, c’est une pile à combustible. Tous les grands joueurs du marché de l’énergie s’y intéressent. Certains en produisent déjà comme Kriston Ákos avec son entreprise Fuell Cell Hungary à Györ toujours dans l’ouest de la Hongrie. 

Simple à utiliser, cette mini centrale à cogénération produit de la chaleur et de l’électricité: 4 Kw sans aucune pièce mobile et sans bruit. 25 unités sont sorties des ateliers en cette première année de production. Compter environ 15 000 euros à l'achat mais on peut envisager une formule de location, une sorte d'abonnement.
 
Parfait pour chauffer et alimenter en électricité une habitation ou une petite entreprise. Excellent aussi comme alimentation de secours, dans un hôpital ou une salle d’informatique. La principale innovation de Kriston Ákos est sa simplicité d’utilisation et surtout l’intégration du système à cogénération: elle produit à la fois de la chaleur (via le système de refroidissement) et de l'électricité.
 
Coopération et crise

Pour Kriston Ákos, la coopération avec l’industrie lui permet d’aller plus loin dans ses recherches et dans l’accès au marché. Cela lui ouvre des perspectives que ne lui offre pas le monde académique: "Dans cette optique nous avons trouvé d’intéressants partenariats ici à Györ, ce qui nous a permis de nous établir, d’embaucher (5 employés) et de développer de nouveaux savoir-faire dans le domaine de la technologie et des affaires, tout ce que nous n’aurions pu trouver dans un environnement académique".
 
La crise ne l'a nullement empêché de lancer son business: "Quand la crise a commencé en 2008, nous avons eu plus facilement accès à différents outils et main d’oeuvre, à meilleur prix. Lancer une nouvelle spin off en temps de crise, c’est le bon plan".

Les recherches de Kriston Ákos ont aussi débouché sur l’utilisation de sa pile à combustible dans une petite voiture baptisée Hy go qui a remporté des coupes dans des courses de véhicules verts.

La Hy Go est plus petite qu’une Smart et destinée à la location. Elle a été développée à l’université Eötvös Loránd à Budapest où nous avons pu l'essayer: 35 km/h maximum et une autonomie de 85 à 160 kilomètres en font un véhicule avant tout urbain, vif et nerveux. Pour l’instant, il revient à 25 000 euros, mais Kriston Ákos veut descendre sous la barre des 10 000 euros.

La Hy Go comme la Solo Duo, ce sont encore des voitures de rêve. Des projets d’inventeurs, de chercheurs et d’investisseurs qui voient le jour au carrefour d’universités et d’incubateur d’entreprises, avec des aides européennes mais aussi en rebondissant sur la crise.

JFH



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