José Manuel Barroso rejette l'idée d'un gouvernement de la zone euro

Le président de la Commission José Manuel Barroso devant le Parlement européen à Strasbourg
Le président de la Commission José Manuel Barroso devant le Parlement européen à Strasbourg - © AFP / Patrick Hertzog

Pressé par de nombreux eurodéputés de prendre à bras le corps son rôle de moteur de la construction européenne, le président de la Commission José Manuel Barroso était très attendu mercredi à Strasbourg pour son "discours sur l'état de l'Union". Il a affirmé rejeter l'idée d'un gouvernement de la zone euro.

L'Union européenne est confrontée au plus grand défi de son histoire a déclaré José Manuel Barroso, souvent critiqué par les partisans d'une Union européenne plus intégrée et fédérale, pour son manque d'ambition. "C'est une crise de confiance sans précédent depuis des décennies" a-t-il reconnu.
D'emblée, le président de la Commission a souhaité que l'Union progresse vers le renforcement des politiques communes: "Si nous n'avançons pas vers plus d'intégration, nous serons confrontés à la fragmentation", a-t-il déclaré, précisant par la suite que cette intégration plus poussée était une condition préalable pour permettre à la zone euro d'émettre de la dette souveraine commune. Ce sera, selon lui, une évolution "naturelle".

"La Grèce est et restera membre de la zone euro", a-t-il aussi proclamé, expliquant que la Commission envisage d'élargir le mécanisme de garantie pour aider les banques grecques à reprendre leurs activités de crédit. 

Pour José Manuel Barroso, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) sera en mesure de soutenir la recapitalisation des banques, une fois que l'accord intervenu le 21 juillet au niveau du sommet européen des chefs d'Etat et de gouvernements aura été ratifié par tout le monde. Un processus que seuls six pays ont mené à son terme jusqu'ici.

Le président de la Commission s'est aussi engagé à présenter, d'ici la fin de l'année, des propositions visant à mieux réguler les agences de notation. 

José Manuel Barroso rejette l'idée de gouvernement de la zone euro

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a rejeté de facto mercredi la proposition franco-allemande de gouvernement de la zone euro, piloté par les États, en estimant que cette fonction revenait à ses services.

"La Commission (européenne) est le gouvernement économique de l'Union, pour cela nous n'avons assurément pas besoin de davantage d'institutions", a-t-il déclaré devant le Parlement européen à Strasbourg.

En août, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel avaient proposé la constitution d'un "gouvernement économique" de la zone euro pour aider au pilotage des politiques nationales.

Ils ont proposé que le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, en prenne la tête. Ce qui est mal perçu par la Commission. L'exécutif européen a le sentiment d'être marginalisé par ce projet.


T.N. avec agences

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