A la découverte de Copenhague avec un sans-abri…

Per, l'un des guides des "Poverty Walks"
Per, l'un des guides des "Poverty Walks" - © RTBF

Voir les rues de Copenhague, la capitale du Danemark, avec les yeux d’un SDF. C’est ce que proposent les "Poverty Walks" dont les guides sont eux-mêmes des sans-abris. Nous avons suivi Per, ancien SDF. Découvrez-le dans notre reportage vidéo.

"Il faut casser le cliché du SDF buvant de l’alcool couché sur un banc". C’est comme cela que Maria Fonseca Nielsen, responsable de projet à la cellule Udsatsen de la ville de Copenhague, nous a résumé la philosophie des "Poverty Walks".

Ces "Marches de la pauvreté" sont nées en 2010, à l’initiative de l’ONG Udenfor, dans le cadre de l’année européenne de la pauvreté. Elles étaient destinées à ne durer qu’un an. Mais à l’été 2010, le succès était tel qu’elles ont été prolongées.

Le projet a alors été transféré à la Ville de Copenhague, dans la cellule Udsatsen.

Au début, les guides étaient cinq. Ils ont été sélectionnés – il fallait, en effet, qu’ils soient fiables – et formés. Chacun a son propre parcours, sa propre histoire à raconter…

Per, le guide que nous avons rencontré et que vous pouvez découvrir dans notre reportage vidéo ci-contre, est lui un ancien SDF. Des problèmes au rein l’ont empêché de trouver un travail stable. Et il a fini à la rue… Maintenant, il est porte-parole bénévole de l’association SAND, l’association danoise des sans-abris.

Per vit de l’aide sociale. Bien que l’intégralité des recettes des "Poverty Walk " est reversée aux guides (2000 couronnes danoises, environ 270 euros, pour un groupe), il ne peut pas en vivre. Paradoxalement, il ne peut pas trop gagner, car sinon il perd le droit à ses allocations sociales. Mais il ne gagne jamais assez non plus pour pouvoir vivre uniquement des visites…

Pourtant, il ne compte pas arrêter. Car, comme il nous l’a expliqué, il aime sensibiliser le public au sort des plus démunis, aider à briser les clichés et se sentir utile à la société.

Ces Poverty Walks sont un vrai succès. En 2011, plus de 5000 personnes se sont laissé guider dans les rues et endroits moins connus de Copenhague. Essentiellement des groupes scolaires et des visiteurs des milieux politiques et sociaux danois, mais également quelques touristes.

Udsatsen reçoit des demandes de sans-abris qui aimeraient devenir guides. En 2012, de nouvelles formations seront donc organisées, notamment afin de développer les tours en anglais. Mais, comme nous l’expliquait Maria Fonseca Nielsen, l’une des responsables du projet, il faut avant tout s’assurer que les guides actuels puissent avoir assez de travail. Udsatsen espère ainsi développer de nouvelles initiatives, notamment pour permettre aux guides d’être occupés également en basse saison, quand les températures baissent et rebutent les visiteurs. Ainsi, des projets de conférences rémunérées dans des entreprises ou dans les écoles sont à l’étude…

Si les subsides suivent, les responsables aimeraient également développer la publicité autour du projet.

Ces "Poverty Walks" ("Marches de la pauvreté") existent également dans d’autres grandes villes d’Europe, comme à Londres ou en version plus allégée à Bruxelles où une historienne, Sonja De Smedt, propose des visites de la ville en compagnie d’un ancien SDF.

Julie Calleeuw

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