Grèce : Echange et contestation

Grèce : Echange et contestation
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La crise grecque a entraîné une série de réponses variées de la part des citoyens. Parmi celles-ci des sites d'échange de biens ou de services. Avec des visions parfois radicalement différentes des raisons de cette nouvelle manière d'envisager les relations économiques.

Au départ je voulais me limiter au seul réseau d'échanges. J'avais un contact avec un médecin – on le retrouve dans le reportage-, créateur d'un réseau d'échanges de services sur internet.

Il pensait depuis longtemps à un tel réseau. Mais n'avait jusqu'ici pas eu le temps, ni ressenti vraiment le besoin de le mettre en place. Puis est venu la crise et il s'est rendu compte que des besoins non satisfaits existaient. Telle personne en demande de soins dentaires n'avait pas de quoi les payer; lui-même devait faire réparer des instruments de musique mais ne pouvait pas se permettre, un propriétaire de gîte avait des difficultés à se payer des prospectus publicitaires. Par son site il a mis les uns et les autres en contact et un imprimeur a échangé des folders contre un séjour de vacances; lui-même a donné des soins à un luthier qui lui a guéri ses instruments; un dentiste s'est occupé du patient qui a donné des cours à ses enfants.

Et tout cela sans échange monétaire, sans même voir la valeur des services ainsi échangés, mais en se basant sur l'accord des deux parties.

Pour le médecin créateur du site, une manière de démonétiser les rapports humains dans le but d'être plus heureux, plus ouverts aux autres.

Mais pour l'un des premiers membres de son site, une véritable manière de contester l'actuel système en vigueur dans nos pays. Contestation radicale de l'argent et de l'ensemble de la société de consommation d'aujourd'hui.

J'ai découvert ensuite, grâce à mon interprète Rosalie, ces gens qui voulaient cultiver un potager en bordure de l'ancien aéroport d'Athènes et donner des graines à ceux qui voulaient pouvoir produire eux-mêmes leurs légumes. Nous avons rencontré deux des membres du groupe qui compte une dizaine de personnes, jeunes et moins jeunes

Et dans la démarche de ces cultivateurs du dimanche, les raisons économiques proprement dites étaient aussi pour peu de choses. Pour eux, cette action se voulait un acte de résistance : résistance à la privatisation des anciens terrains de l'aéroport, résistance à une agriculture dominée par les lois du marché, résistance enfin à ceux qui imposent une austérité drastique à la Grèce.

Un parcours d'indignés, en quelque sorte. Dans une Grèce qui n'en peut plus d'être désignée comme la responsable de la crise de la zone euro.

D'une pratique sociale d'ordre plutôt moral, l'échange sans instrument monétaire, on passait à une remise en cause politique et sociale. Deux manières de répondre à la crise, et donc deux itinéraires de sortie de crise.

L'action s'est étendue au début du mois de mars lorsque 1250 oliviers ont été plantés par l'organisation dont font partie Panos Totsikas et George Vamvakousis. Des oliviers plantés sur le site même de l'ancien aéroport et non plus en bordure comme c'est la cas du jardin potager montré dans le reportage. Les images de cette plantation, images tournées par l'organisation elle-même, sont visibles youtube.

Christian Dupont

 

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