Le chef économiste de la BCE démissionne, bourses et euro plongent

Juergen Stark a démissionné de son poste de chef économiste de la Banque centrale européenne, sur fond de tensions.
Juergen Stark a démissionné de son poste de chef économiste de la Banque centrale européenne, sur fond de tensions. - © EPA / Alexandros Vlachos

Le chef économiste de la Banque centrale européenne (BCE), l'Allemand Jürgen Stark a décidé de démissionner de ses fonctions "pour des raisons personnelles", a annoncé vendredi la BCE dans un communiqué. Les tensions sont ravivées et les bourses replongent.

Alors que s'ouvrait le sommet du G7 à Marseille, où les grandes puissances devaient tenter de formuler une réponse convaincante à la crise, un regain d'inquiétudes sur la santé économique de la zone euro et la reprise économique mondiale faisait dévisser les marchés. La démission du chef économiste de la BCE n'y était pas étrangère.

En effet, dès 15 heures, les rumeurs de cette annonce  ont immédiatement fait plonger les Bourses européennes: Francfort, Paris et Milan chutaient notamment de plus de 3%. Quant au BEL 20, il abandonnait plus de 2,50% vers 16 heures.

Avant même cette annonce, à Paris, la Société Générale, la plus malmenée, perdait déjà plus de 10% à 17,49 euros victime, comme les autres groupes bancaires en Europe, de la défiance des investisseurs sur fond de rumeurs sur leur mauvaise santé financière.

Sur le marché des changes, l'euro repassait sous le seuil de 1,37 dollar pour la première fois depuis fin février.

Vers 13 heures, la devise européenne est tombée à 1,3699 dollar contre 1,3880 dollar jeudi à 21 heures, son niveau le plus faible depuis le 23 février, avant d'osciller autour de 1,37 dollar.

Des "raisons personnelles" qui laissent sceptique

Jürgen Stark occupait le poste de chef économiste, l'un des plus importants au sein de la BCE, depuis le 1er juin 2006. Son mandat ne devait s'achever que le 31 mai 2014.

A plusieurs reprises au cours des dernières semaines, il avait exprimé ses doutes sur le programme de rachat d'obligations publiques mené par l'institution monétaire de Francfort pour soulager les pays les plus fragiles de la zone euro.

La BCE, qui avait adopté ce programme à contrecoeur en mai 2010 pour porter secours à la Grèce, l'avait mis en sommeil cette année avant de reprendre ses achats en août en raison de l'aggravation de la crise de la dette qui menaçait l'Italie et l'Espagne.

Le départ de Jürgen Stark, ardent partisan de l'orthodoxie monétaire en zone euro, "reflète l'incertitude" au sommet de la BCE, tandis que les inquiétudes sur le problème grec ne faiblissent pas, a estimé Lothar Hessler, analyste des marchés de capitaux chez HSBC Trinkaus, interrogé par l'AFP.

Déjà en février, un autre Allemand, l'ex-président de la Bundesbank Axel Weber avait décidé de claquer la porte de la BCE en raison de son opposition à ce programme de rachats d'obligations.

Nouvelles dissensions entre Européens

Alors que la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a exhorté vendredi matin les pays développés à "agir avec audace" pour contrer le ralentissement de la croissance économique, les Européens affichaient à nouveau leurs dissensions.

De son côté le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble opposait une fin de non-recevoir à de nouveaux programmes de conjoncture qui dégraderaient les finances publiques.

"Combattre la crise avec un endettement encore plus prononcé, cela serait exactement le mauvais chemin à prendre", a-t-il déclaré vendredi après-midi.

T.N. avec agences

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