Un an de gouvernement Di Rupo: quel bilan tirer ?

Elio Di Rupo lors de sa prestation de serment, le 6 décembre 2011
Elio Di Rupo lors de sa prestation de serment, le 6 décembre 2011 - © Belga - Nicolas Maeterlinck

Le 6 décembre 2011, la Belgique se dotait d'un gouvernement de plein exercice après 541 de crise politique. Un gouvernement né dans la douleur de la plus grave crise institutionnelle qu'a connu notre pays. Quel bilan tirer après un an d'exercice ?

A la mi-temps de cette drôle de législature, le bilan peut être considéré comme satisfaisant. Sur le communautaire, le bulletin est, à première vue, encourageant. Un paquet de 13 textes a été voté à la Chambre. Refinancement de Bruxelles, renouveau politique, etc., mais surtout, bien entendu, la scission de l’arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde. On n’en parle plus vraiment, mais ce vote historique, le 13 juillet dernier, c’est la fin d’un feuilleton politico-institutionnel qui a empoisonné la vie politique belge pendant 40 ans.

Deuxième paquet de la réforme de l'Etat toujours en attente

Cette scission de BHV, c’est donc un bon point pour le gouvernement. Mais cette scission, c’est un peu l’arbre qui cache la forêt des retards sur la Réforme de l’Etat. BHV, c’est du symbolique. Le reste de la réforme de l’Etat, par contre, est beaucoup plus concret. Il faut toucher au portefeuille des Régions, des Communautés, du fédéral, avec la révision de la fameuse loi spéciale de financement. Et pour le moment, ça n’avance pas beaucoup. On discute entre les 8 partis (la majorité + les partis écologistes). Les protagonistes sont loin d’être prêts de présenter un texte au Parlement.

Même conclusion, à mi-parcours, pour l'autre dossier "mammouth", celui des transferts de compétence. Un très vaste chantier, avec beaucoup d’acteurs autour de la table, celle du COMORI, la Commission de mise en œuvre des réformes institutionnelles. Il est question des transferts de compétences concernant la politique de l’emploi, les allocations familiales, certains pans des soins de santé ou la mobilité. Les discussions budgétaires du mois de novembre ont bloqué l’avancée des travaux sur ce deuxième paquet de la réforme de l’Etat. Là-dessus, le gouvernement Di Rupo n’est guère en avance.

Le socio-économique face à la crise

Ici aussi, la situation est contrastée. Les pensions, le chômage ont été réformés au pas de charge. Les objectifs sont clairs : maintenir le plus longtemps possible les Belges au travail et en même temps promouvoir l’emploi des jeunes. Mais un certain nombre de mesures, comme la création de 10 000 postes de stage pour les jeunes, ne prendront effet qu’au 1er janvier 2013. Et pendant ce temps, la situation économique s’est fortement dégradée à tel point que le chômage a encore progressé chez nous. L’objectif du gouvernement, c’était de faire progresser de cinq points le taux d’emploi, particulièrement faible dans notre pays. Et pour l’instant, c’est l’échec pour l’équipe Di Rupo. En un an, ce taux d’emploi (le nombre de personnes travaillant parmi celles en âge de le faire) est passé de 67,8% à 67,2%, en novembre 2012 (selon le cabinet du SPF Emploi). C’est une contre-performance pour le gouvernement.

Le défi tenu des finances publiques

C’est écrit en toutes lettres dans l’accord de gouvernement : il faut "un assainissement rigoureux des finances publiques pour retrouver des bases financières saines et répondre aux exigences de l’Union européenne."

Là-dessus, c’est avec le doigt sur la couture du pantalon qu’Elio Di Rupo peut se présenter face à ses petits camarades européens. La Belgique respecte scrupuleusement ses obligations européennes et a retrouvé la confiance des marchés.

Un bémol, toutefois : il y a eu, pour la confection des derniers budgets, un certain nombre de mesures "one shot", c’est-à-dire des mesures qu’on ne peut prendre qu’une seule fois. Pour boucler le budget 2014, il faudra faire de nouveaux efforts. Ça risque d’être douloureux.

En conclusion, le gouvernement Di Rupo a beaucoup travaillé, personne ne pourra dire le contraire. Et s'il y a des résultats visibles, il y a aussi beaucoup de dossiers en attente. Et puis, entre la conjoncture économique difficile et les coups de boutoir de la N-VA, le gouvernement Di Rupo n’a guère le choix : il faut travailler, travailler. Pour montrer à la Flandre, que la N-VA n’est pas la solution.

 

Himad Messoudi

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