Nafissatou Diallo, menteuse invétérée selon un rapport du procureur

Peut-on vraiment croire Nafissatou Diallo ?
Peut-on vraiment croire Nafissatou Diallo ? - © EPA/JUSTIN LANE

Nafissatou Diallo n'est pas digne de confiance. Voilà ce qu'affirme le procureur de Manhattan. A travers un rapport de 25 pages, il demande à la cour d’abandonner toutes les charges contre Dominique Strauss-Kahn.

Alors que le verdict pour l’affaire DSK devrait tomber en début de soirée, la crédibilité de Nafissatou Diallo est de plus en plus contestable. Selon le procureur de Manhattan, auteur du rapport, "de graves soucis persistent en ce qui concerne la crédibilité de la plaignante. Dans ces conditions, il est impossible de savoir ce qui s’est exactement passé dans cet hôtel, le 14 mai dernier".

"Au moment de l’accusation, toutes les preuves fournies nous avaient convaincus sur la crédibilité de la victime. Mais les éléments rassemblés durant l’enquête qui a suivi, ont gravement nui à cette crédibilité".

Nafissatou Diallo aurait entre autre fourni des versions changeantes et inconsistantes des événements qui entourent l’agression.

Il semblerait également que la victime présumée ait menti à plusieurs reprises lors de ces interrogatoires. Le 7 juin 2011 par exemple, l’avocat de Nafissatou Diallo fait savoir aux procureurs que sa cliente n’avait pas été honnête en ce qui concerne ces antécédents. Elle aurait notamment menti sur certains aspects de son histoire personnelle. Par la suite la plaignante a elle-même admis qu’elle n’avait pas dit toute la vérité aux procureurs.

Plus grave encore, en présence de son avocat, trois procureurs et un enquêteur elle a également avoué avoir menti sur ce qui s’est passé après l’incident. Un mensonge qui porte à conséquence puisqu’elle l’aurait répété sous serment devant le grand jury.

Jusqu’à trois versions différentes

Qu’a fait Nafissatou Diallo de 12h06 à 12h26 le 14 mai dernier ? Une question à laquelle la victime elle-même semble avoir du mal à répondre.

Dans sa version originale qu’elle tiendra jusqu’à son interview du 28 juin, la plaignante affirme qu’après avoir été agressée sexuellement par l’accusé, elle a immédiatement fui à l’extrémité du couloir du 28ème étage. Elle est restée là, effrayée, jusqu’à ce qu’elle tombe sur son superviseur. A deux, ils sont directement rentrés dans la suite 2806 où avait eu lieu l’agression. C’est à ce moment que Nafissatou Diallo raconte ce qu’il s’est passé à son supérieur.

Quand les procureurs lui ont demandé pourquoi elle était restée dans le couloir plutôt que de se cacher dans une autre chambre de l’étage pour téléphoner à son superviseur, elle a répondu que les autres chambres avaient toute un "ne pas déranger" accroché sur leur porte.

Seconde version : elle prend le temps de nettoyer

Un version totalement différente de celle qu'elle donna aux enquêteurs le 28 juin. Dans ce récit, Nafissatou Diallo raconte qu’elle aurait rejoint une autre chambre (la chambre 2820) directement après l’incident. Elle aurait alors commencé à la laver, en passant l’aspirateur et nettoyant les miroirs.

Après qu’elle ait fini avec cette chambre, elle serait retournée dans la chambre de l’agression pour la nettoyer également. Alors qu’elle se rendait dans un débarras pour chercher du matériel de nettoyage, elle serait tombée sur son superviseur, au détour d’un couloir.

Avant de lui raconter directement ce qui s’était passé, la victime présumée aurait d’abord voulu savoir ce qu’il arriverait si un des clients tentait d’abuser du personnel. Elle n’aurait finalement raconté les faits qu’après que son superviseur l’ai mise en confiance.

A la suite de ces déclarations, le Tribunal s’est procuré les relevés des badges des employés. Les résultats montrent que l’accusée est entrée dans la chambre 2820 à 12h26. Mais elle serait aussi entrée dans suite de Dominique Strauss-Kahn, la même minute. Un fait troublant qui contredit de facto les déclarations de Nafissatou Diallo concernant le nettoyage de la chambre 2820.

Jamais deux sans trois

Dans sa troisième version qu’elle tiendra un mois plus tard, la plaignante affirme qu’elle a quitté la suite directement après l’incident pour aller se cacher dans un coin. Après avoir vu Dominique Strauss-Kahn entrer dans l’ascenseur, elle serait retournée dans la chambre pour récupérer ses affaires. Elle a profité de cette déclaration pour nier les deux versions précédentes.

Les différences entre les versions seraient dues selon elle, à une mauvaise interprétation du traducteur ou du procureur. "Ce qui met en question la crédibilité de la plaignante à son niveau le plus fondamental" selon le procureur de Manhattan c’est que cette dénégation a été faite au procureur qui l’avait déjà entendue un mois auparavant, alors qu'elle racontait la deuxième version.

Un viol monté de toutes pièces

Mais d’autres éléments affaiblissent  un peu plus la crédibilité de Nafissatou Diallo. Le 30 mai, elle aurait par exemple expliqué aux procureurs, avoir subit un viol commis par des soldats alors qu’elle résidait toujours en Guinée. Durant l’interrogatoire elle aurait raconté cette histoire avec beaucoup de conviction et une forte émotion.

Une semaine plus tard, elle reviendra sur ces déclarations. Nafissatou Diallo aurait menti car ce viol figurait déjà dans sa demande d’asile faite des années plus tôt. Elle aurait donc menti de peur de perdre son statut de réfugié. Après vérification cependant, aucune allégation de ce genre n’a pu être trouvée dans sa demande d’asile.

La victime présumée a également toujours soutenu que l’argent n’avait jamais conduit ses actions. Mais dans une conversation avec son fiancé incarcéré en Arizona, elle évoque clairement la motivation financière.

Aucune preuve médicale non plus pour prouver que les rougeurs constatées après l’incident proviennent bien de violences faites à l’encontre de sa personne. De plus, aucune trace d’ADN n’a été trouvée sous les ongles de Dominique Strauss-Kahn ou de Nafissatou Diallo. Ce qui est souvent le cas lors d’une agression.

Par ailleurs, l’analyse médicale préliminaire a bien établi que les traces de sperme retrouvées sur la partie supérieure du vêtement de travail de la victime correspondent à l’ADN prélevée sur Dominique Strauss-Kahn. Mais, selon le procureur, cette découverte prouve uniquement qu’il y a bien eu un acte sexuel. En aucun cas que la plaignante ait été forcée.

Douleur à l'épaule: agression ou simple tendinite?

Même défiance en ce qui concerne certaines blessures de la victime. Durant les premiers interrogatoires, lorsqu’on lui demande si elle a reçu des coups pendant l’agression, la victime affirme avoir été frappée à l’épaule. Une douleur qui aurait disparue le jour d’après mais qui se manifestera à nouveau dans une déclaration datée du 13 juin, soit près d’un mois plus tard.  Une simple tendinite selon les médecins qui l’ont examinée. "Un traumatisme comme elle l’a décrit dans ses entrevues devrait durer plusieurs jours plutôt que quelques heures" selon un expert mandaté par le tribunal. Il ne croit pas non plus en "une douleur qui disparait en quelques heures, pour réapparaitre environ 28 jours plus tard".

Des éléments accablants qui sont compilés dans le rapport envoyé au juge par le procureur de Manhattan et qui devraient jouer en faveur de l'ancien directeur du FMI.

Stanley Destrée

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK