Zone euro: la Belgique défend son indexation

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Levé de boucliers contre la proposition franco-allemande de coordination accrue des politiques économiques dans la zone euro, impliquant notamment la suppression de l'indexation des salaires sur les prix. Le Premier ministre Yves Leterme s'est dit "absolument pas d'accord".

Le Premier ministre belge a sèchement rejeté vendredi une proposition franco-allemande de coordination accrue des politiques économiques nationales dans la zone euro, qui impliquerait la suppression dans son pays de l'indexation des salaires sur les prix. "Il doit y avoir plus de coopération économique (en Europe), mais les Etats membres doivent avoir l'espace de mener leurs propres politiques", a déclaré Yves Leterme, en arrivant à un sommet des dirigeants européens à Bruxelles, consacré notamment aux réponses face à la crise de la dette.
"Je ne suis pas contre la convergence économique, mais nous devons laisser les moyens d'y parvenir dans les mains des Etats membres", a-t-il ajouté. "Chaque Etat membre a ses propres accents, ses propres traditions. Nous n'accepterons pas que notre modèle de concertation sociale soit détricoté", a-t-il dit.

Même son de cloche de la part du groupe Ecolo-Groen!, qui rappelle dans un communiqué que "l'indexation automatique, considérée à raison comme une fierté du modèle social belge, est un outil essentiel pour défendre le niveau de vie des travailleurs."

Les syndicats parlent d'un "pacte pervers"

La Confédération européenne des syndicats (CES) a catégoriquement rejeté vendredi le plan franco-allemand.

"La CES affirme avec force qu'elle ne peut pas tolérer que la compétitivité soit encore utilisée comme un alibi pour intervenir dans les systèmes de négociation collective à travers l'Europe", a affirmé dans un communiqué la confédération qui rassemble les 83 principaux syndicats européens.

Si le plan, préparé à Berlin, se met en oeuvre en Europe, il s'agira "du début d'un travail de sape" du dialogue social, a mis en garde la CES.

"Ce n'est pas un pacte pour la compétitivité, c'est un pacte pervers pour un niveau de vie plus bas, davantage d'inégalités et un travail plus précaire", a estimé le secrétaire général de la CES John Monks.

Le plan franco-allemand prévoit notamment une évolution de l'âge de la retraite en fonction de l'évolution démographique, l'abolition de l'indexation des salaires sur l'inflation ou encore l'inscription dans les constitutions nationales de limites aux déficits.

Pacte de compétitivité
La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy doivent présenter lors du sommet à leurs partenaires européens une proposition pour créer un "pacte de compétitivité". Il s'agit de renforcer la discipline et la coordination des politiques économiques au sein de la zone euro, en échange d'un renforcement du Fonds de secours pour les pays en difficulté.
Ce projet prévoit que les capitales suivent des objectifs communs en matière de retraite -- avec un recul de l'âge de départ à la retraite si nécessaire --,
de dette publique avec des plafonds contraignants -- tel que l'Allemagne l'a inscrit dans sa Constitution en 2009 --, et de politique salariale. 
Dans ce domaine de la politique salariale, le "pacte" propose la suppression de l'indexation des salaires sur l'inflation dans les pays qui la pratiquent, comme la Belgique.

AFP

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