Zéro déchets d'emballage, le défi de deux Slovènes

Un emballage alimentaire comme il en existe des millions
Un emballage alimentaire comme il en existe des millions - © Tous droits réservés

Dans l'UE, les déchets plastiques finissent incinérés pour produire de l'énergie (39%), en décharge (31%), ou recyclés (30%), selon des chiffres du Parlement et de la Commission. En Slovénie, chaque habitant produit 100 kg de déchets d'emballages chaque année, dont 22% en plastique. 

Si les magasins slovènes vendent certains produits sans emballage,  il n’existe pas de grandes surfaces où l'on peut acheter des articles sans surplus d'emballage. C'est ce que deux jeunes, Alex et Bratko, ont tenté de démontrer. Ils ont rédigé une liste de courses avec des produits de base et sont allés dans le même supermarché. Le premier devait faire ses courses sans regarder le contenant. Le second devait complètement éviter les plastiques et autres barquettes de protection de denrées.

Pain, lait, tomates, savon... 

Sur le papier, rien de compliqué. Trouver et acheter des aliments aussi basiques que du fromage, des oeufs ou encore du shampooing. D'ailleurs, Alex s'en sort aisément. En peu de temps et pour un montant raisonnable. "Pas de problème, explique-t-il. Mais c'est vrai qu'il y a beaucoup de plastique dans mon panier. J'espère que les gens n'achètent pas comme je le fais aujourd'hui. Ah oui, à propos, cela m'a pris sept minutes."

Pour Bratko, le défi est de taille. Au rayon fruits et légumes, il a facilement évité les emballages en plastique. Même chose avec le pain. Il prit un sac en papier sans la petite fenêtre en plastique pour mettre ses tartines fraichement coupées. mais avec les charcuteries et les fromages, il a dû se débrouiller pour respecter l’environnement. 

 

Pas facile de convaincre les vendeurs, tant la démarche semble particulière. Sans surprise, Bratko Zavrnik a mis beaucoup plus de temps que d'habitude pour faire ses courses et acheter notamment les produits cosmétiques, les boissons et l'huile. Il a dû remplacer ses marchandises préférées par d'autres sans emballage en plastique. Pour lui, pas de doute, la preuve est là : il est presque impossible d'éviter le plastique dans un magasin ordinaire. S'il a trouvé facilement du lait, il n'a pas été possible de le faire mettre dans des bouteilles en verre, faute...de bouteilles ! "Il n'y en avait pas, affirme-t-il. Le lait est soit vendu dans des cartons ou des bouteilles en plastique.". Le jeune homme a aussi trouvé du shampooing mais dans un sac d’emballage. Un emballage sur lequel se trouvait un symbole, des flèches dans un triangle, ainsi que des chiffres. "Qu’est-ce que çà signifie ? Est-ce entièrement recyclable, en partie recyclable ? J’ai fais confiance, je l'ai pris. "

La recherche de produits et l'examen minutieux de l'emballage ont clairement pris un temps considérable. Alex Horvat a terminé ses courses en 7 minutes et Bratko Zavrnik en 20. Cet éco-achat lui a coûté quatre euros de plus. "Vivre sans plastique demande du temps et de l’organisation, regrette Bratko. Le plastique facilite la vie, facilite les achats. Les aliments dans des emballages en plastique se conserveront plus longtemps au réfrigérateur, chez nous."

Tous les emballages plastiques recyclables d'ici 2030

La Commission européenne a présenté une "stratégie" pour faire la chasse aux plastiques à usage unique en janvier dernier. Son objectif : que tous les emballages de ce type soient recyclables d'ici 2030. "Le plastique c'est fantastique - mais la façon dont nous le concevons, produisons, et nous débarrassons des produits plastiques ne l'est pas", a résumé sur son compte Twitter le service Environnement de l'exécutif européen. Problème : la Chine, pays leader du recyclage, vient de fermer ses portes aux déchets étrangers - 24 catégories de déchets solides, dont certains plastiques. Or l'UE exporte la moitié de ses plastiques collectés et triés, dont 85% vers la Chine.

L'économie circulaire

L'exécutif européen a déjà pris plusieurs mesures pour tenter de faire reculer la domination du plastique. L'une des plus emblématiques est la fin des sacs à usage unique dans la vie quotidienne. Ambition affichée : 80% de moins d'ici à 2019 par rapport au début de la décennie. "L'expérience jusqu'à présent a montré que les mesures introduites par les Etats membres, que ce soit des frais ou des prélèvements, des objectifs (de réduction) ou des restrictions, se sont révélés très efficaces", assure la Commission.

Selon Plastics Europe, l'association des fabricants européens de plastique basée à Bruxelles, l'industrie pèse 340 milliards d'euros (chiffres 2015) dans l'UE, et emploie plus d'1,5 million de personnes.

Un reportage à voir ce dimanche 16 décembre sur La Trois à 23h20.

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