Yehuda Glick, le militant israélien d'extrême droite qui ravive les tensions

Yehuda Glick est un colon d'origine américaine. Jeudi soir, il participait à une conférence à propos du Mont du temple, le nom juif de l'esplanade des Mosquées. Pour les juifs, c'est là que se trouvait l'antique temple détruit il y a 2000 ans. Pour les musulmans, c'est troisième lieu saint de l'Islam.

Selon Charles Enderlin, Yehuda Glick "fait partie du groupe fondamentaliste messianique du sionisme religieux qui, considérant que la main mise des religieux nationalistes sur la Cisjordanie est désormais chose faite (360 000 juifs habitant la Cisjordanie ne peuvent pas être évacués) se tourne à présent vers le Mont du Temple"

"Il est un des responsables de la fondation pour la reconstruction du temple. Sa vision est totalement messianique, nous sommes dans un processus de rédemption : Dieu a décidé que les choses se passeraient ainsi et tôt ou tard, il va falloir reconstruire le temple. Il organisait personnellement des visites sur l'esplanade des Mosquées, conduisant des groupes de juifs religieux du dimanche au jeudi, pendant plusieurs heures, sous la surveillance de la police pour deux raisons : d'une part, pour les protéger des musulmans qui, bien entendu, n'aiment pas du tout cela et puis, également pour les empêcher de prononcer toute prière à voix haute, ce qui est interdit dans ce troisième lieu saint de l'Islam. Et à plusieurs reprises, accusé d'avoir fait une provocation, Yehuda Glick a été interdit d'esplanade des Mosquées. A chaque fois, il allait ensuite au tribunal pour obtenir l'autorisation d'y retourner. Il a été très vite repérer par des responsables musulmans comme étant un de ceux poussent vers l'autorisation d'une prière juive dans ce lieu saint et sur les sites activistes palestiniens, il était très très très marqué".

Yehuda Glick "était dans sa mission qu'il s'était confié avec d'autres"

A la question de savoir si on peut le considérer comme un fauteur de trouble dans cet endroit ultra sensible qu'est l'esplanade des Mosquées, Charles Enderlin répond : "Il n'était pas le seul. Cela fait partie de la vision des rabbins nationalistes du sionisme religieux qui, depuis près d'une dizaine d'années, avait surmonté l'interdit du Rabbinat de l'Etat d'Israël de monter sur l'esplanade des Mosquées sur le Mont du Temple, car l'endroit précis où se trouvait le saint des saints n'étant pas défini, les juifs ne doivent pas y aller. Or les rabbins, pour la plupart issus des colonies, ont déterminé à peu près l'endroit où se trouvait un des saints et cela correspond au Dôme du Rocher à la coupole dorée. Donc, il y a une dizaine d'années, ces rabbins ont annoncé qu'un juif religieux avait le droit de monter sur l'esplanade mais ne devait pas s'approcher du Dôme du Rocher. Et des dizaines, et parfois des centaines, de juifs religieux se rendaient sur place"

Charles Enderlin nous apprend d'ailleurs qu'il existe dans la vieille ville de Jérusalem "un institut du temple où sont reconstitués tous les ustensiles du culte en prévision de la reprise des sacrifices d'animaux, etc., lorsque un jour, espèrent-ils, le temple sera reconstruit". En d'autres termes, Yehuda Glick "était dans sa mission qu'il s'était confié avec d'autres" et "ils étaient plutôt nombreux".

En attendant, cette histoire risque de mettre le feu aux poudres. Elle s'ajoute à quatre mois de tension croissante dans les quartiers arabes de Jérusalem. Une tension qui, selon Charles Enderlin, s'explique par les suites de l'opération à Gaza, l'assassinat d'un jeune musulman après l'enlèvement des trois israéliens près de Hébron en Cisjordanie, la colonisation renforcée à Jérusalem-Est, et les visites de juifs religieux sur l’esplanade des Mosquées.
 

C. Biourge avec D. Fontaine

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