Vol MH17: 4 inculpés et un procès aura lieu en mars 2020

L’équipe d’investigation internationale sur le crash du vol MH17, abattu en 2014 au-dessus de l’est séparatiste de l’Ukraine par un missile qu’elle avait précédemment identifié comme provenant d’une unité russe, devrait nommer mercredi des responsables présumés et annoncer l’ouverture de poursuites judiciaires.

Trois suspects russes et un Ukrainien feront l'objet d'un procès pour homicide aux Pays-Bas. Des mandats d'arrêt internationaux ont été lancés contre ces quatre hommes, soupçonnés d'avoir transporté le missile utilisé pour détruire l'appareil.

Les enquêteurs ont identifié comme suspects les Russes Sergueï Doubinski, Igor Girkine et Oleg Poulatov ainsi que l'Ukrainien Leonid Karchenko.

"Il y aura un procès le 9 mars 2020 contre quatre personnes accusées de meurtre", a déclaré à la presse Silene Fredriksz, dont le fils et la belle-fille avaient péri dans la tragédie, peu après que les familles des victimes en eurent été informées par les autorités néerlandaises.  Parmi les suspects, il y a Igor Girkin, un commandant rebelle actif dans l'est de l'Ukraine.

Un suspect dément toute implication des séparatistes

Le Russe Igor Guirkine, désigné par les enquêteurs internationaux comme l'un des responsables présumés de la destruction du vol MH17 dans l'est de l'Ukraine en 2014, a démenti mercredi toute implication des séparatistes dans la tragédie.

"Tout ce que je peux dire, c'est que le Boeing n'a pas été abattu par les rebelles", a déclaré M. Guirkine, qui était l'un des chefs de guerre des séparatistes à l'époque du crash, cité par l'agence Interfax.

Le secrétaire général de l'OTAN réagit

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, "s'est réjoui" de l'annonce de l'équipe internationale, qui enquête sur le crash du vol MH17.

>> Lire aussi : Vol MH17 abattu : procès en vue

Les enquêteurs ont d’abord informé les familles des victimes puis ont donné une conférence de presse pour dévoiler "les développements dans l’enquête".

MH17 abattu par les Russes (28/09/2016)

Près de cinq ans après le drame, il s’agira des premières révélations depuis mai 2018, lorsque l’équipe internationale d’investigation conjointe (Joint Investigation Team, JIT), conduite par les Pays-Bas, avait annoncé avoir établi que le missile ayant abattu l’avion provenait de la 53e brigade antiaérienne russe basée à Koursk dans l’ouest de la Russie.

Le Boeing de la Malaysia Airlines, parti d’Amsterdam pour Kuala Lumpur, avait été abattu en plein vol au-dessus de la zone de conflit armé dans l’est séparatiste prorusse de l’Ukraine le 17 juillet 2014. Les 283 passagers, dont 196 Néerlandais, 7 Belges et les 15 membres de l’équipage avaient péri.

Les Pays-Bas et l’Australie, dont 38 ressortissants figuraient parmi les victimes, ont ouvertement accusé la Russie d’être responsable de la mort de leurs ressortissants après les révélations de la JIT. Pour la première fois, la responsabilité de cette catastrophe était ouvertement imputée à Moscou, qui a nié avec véhémence toute implication, rejetant la faute sur Kiev.

La vice-ministre ukrainienne des Affaires étrangères Olena Zerkal a déclaré mardi à l’agence ukrainienne Interfax que quatre suspects seraient nommés, dont de hauts gradés russes. "Les noms seront donnés. Des poursuites seront engagées", a-t-elle affirmé, ajoutant qu’un tribunal néerlandais "commencerait alors à travailler sur cette affaire".

Le transfert d’armement comme le système de missiles anti-aériens BUK "est impossible sans l’autorisation de hauts responsables" de l’armée russe, a-t-elle estimé.

La semaine dernière, la JIT, composée d’enquêteurs d’Australie, de Belgique, de Malaisie, des Pays-Bas et d’Ukraine, avait fait les gros titres en annonçant qu’elle dévoilerait, lors d’une conférence de presse mercredi à 13H00 locales, les "derniers développements de l’enquête" sur le crash, sans donner plus de détails.

Crash du vol MH17 : le point sur l’enquête (24/05/2018)

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