Virus Zika: un insecticide à l'origine des malformations crâniennes des fœtus?

Malformations crâniennes chez les fœtus? une autre théorie émerge
Malformations crâniennes chez les fœtus? une autre théorie émerge - © Belga

Un insecticide responsable des cas de microcéphalies recensés en Amérique du Sud ? C’est en tout cas la théorie avancée par un groupe de chercheurs argentins dans un rapport publié début février. Un document repéré par Paris Match.

Parmi les 1,5 million de personnes contaminées en quelques mois, 462 cas de microcéphalies ont été confirmés depuis octobre 2015 et plus de 3850 autres ont été déclarés "suspects". Le virus Zika est pointé du doigt pour être le responsable de ces malformations crâniennes congénitales. C’est la théorie privilégiée pour le moment par l’OMS qui a néanmoins précisé qu’elle devrait savoir d'ici quatre à huit semaines si le virus cause bien ces microcéphalies.

Deux études attestent la présence du virus Zika dans le cerveau de fœtus atteints de malformations de la boite crânienne et nés de mères contaminées. Dans une étude publiée jeudi 11 février par la revue américaine spécialisée New England Journal of Medecine, des chercheurs slovènes rapportent avoir identifié "une présence importante du virus dans des tissus cérébraux" du fœtus d'une femme rentrée du Brésil, où elle avait contracté le virus. Les conclusions des chercheurs slovènes s'appuient sur trois mois de travaux réalisés à partir de l'autopsie du fœtus.

Autre rapport soutenant cette thèse : celui du Centre de contrôle et de prévention des maladies américain (CDC). Il a annoncé, mercredi dernier, que le virus avait été retrouvé dans le cerveau de deux bébés décédés de microcéphalies au Brésil peu après leur naissance et de deux fœtus. Des fœtus, tous deux porteurs de la même malformation. Pour ces scientifiques, le rapport décrit l'existence d'un lien entre l'infection par le virus Zika et la microcéphalie.

Une autre théorie émerge

Mais selon un groupe d’experts argentins, le virus Zika ne serait pas à l'origine de la dramatique augmentation d'atrophies crâniennes et cérébrales des nouveau-nés en Amérique du Sud. Un insecticide, destiné à éliminer les moustiques à l’origine du virus Zika, pourrait en être la cause.

Cet insecticide, c’est le pyriproxyfene. Un produit fabriqué par la société Sumitomo Chemical (un "partenaire stratégique" de Monsanto) et introduit dès 1996 aux Etats-Unis. Répandu dans l'eau pour tuer ou empêcher la reproduction des moustiques, le produit chimique est utilisé pour provoquer des malformations chez les larves ou les individus adultes. Son utilisation est recommandée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la lutte contre l'épidémie de dengue qui sévit en Amérique du Sud.

Le produit chimique est massivement utilisé au Brésil depuis environ dix-huit mois et se retrouve dans l'eau potable. "Les milliers de cas de malformations congénitales, chez des enfants de mères habitant dans des zones où le gouvernement brésilien a ajouté du pyriproxifène à l'eau potable, n’est pas une coïncidence, même si le ministère de la Santé met en cause le virus Zika dans ces dommages", relèvent ainsi les chercheurs.

Les chercheurs argentins s’appuient aussi sur un rapport d'Abrasco, une association de médecins qui étudie les politiques brésiliennes de santé. Selon cette étude, parmi les 3893 cas de malformations relevés au Brésil jusqu'au 20 janvier dernier, seuls cinq enfants étaient effectivement infectés par le virus Zika.

L'OMS devrait savoir dans quelques semaines si le virus Zika est bien le responsable des microcéphalies et des troubles neurologiques (syndrome de Guillain-Barré), la preuve scientifique n'a pour l'heure pas encore été apportée.

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