Violences post-électorales en Guinée : 46 civils tués selon l'opposition

Violences post-électorales en Guinée : 46 civils tués selon l'opposition
Violences post-électorales en Guinée : 46 civils tués selon l'opposition - © JOHN WESSELS - AFP

Le principal parti d'opposition en Guinée a publié vendredi une liste de 46 personnes, âgées de 3 à 70 ans, tuées selon lui lors de la répression des manifestations après l'élection du 18 octobre, officiellement remportée par le sortant Alpha Condé.

M. Condé a été déclaré le 24 octobre par la Commission électorale réélu pour un troisième mandat controversé avec 59,5% des voix, mais trois de ses adversaires, dont le chef de file de l'opposition, Cellou Dalein Diallo, contestent les résultats devant la Cour constitutionnelle, dont la décision est attendue samedi selon une source proche de l'institution.

vague de terreur

Le parti de M. Diallo, l'Union des Forces démocratiques de Guinée (UFDG), a dénoncé dans un communiqué une "vague de terreur" orchestrée par le pouvoir entre le 19 octobre et le 3 novembre.

"Le bilan provisoire de cette répression est de 46 morts, près de 200 blessés par balles, une centaine d'arrestations et d'importants dégâts matériels", selon l'UFDG.

L'opposition faisait jusqu'ici état d'un bilan d'au moins 27 morts, tandis que pour le gouvernement, les violences post-électorales ont fait 21 morts, dont des membres des forces de l'ordre.

Une responsable pour l'Afrique de l'ONG Human Rights Watch (HRW), Ida Sawyer, a accusé le 24 octobre sur Twitter les forces de sécurité guinéennes d'avoir tué "au moins 8 personnes, dont 3 enfants".

Amnesty International a pour sa part accusé ces mêmes forces de sécurité d'avoir tiré à balles réelles contre des manifestants, sans donner de bilan détaillé.

Majoritairement des jeunes

Le document de l'UFDG comprend une liste nominative, avec généralement l'âge, la profession, les circonstances de la mort, les contacts d'un proche, ainsi que des photos montrant ces personnes, mortes ou vivantes. Dans une quinzaine de cas, il s'agit de photos de corps présentant des traces de violences.

La plupart des victimes présumées sont des jeunes hommes et femmes âgés de 15 à 30 ans: chauffeurs de moto-taxis, mécaniciens, étudiants...

Les plus jeunes sont un garçon et une fille de 3 ans, Mamadou Midiaou Diallo et Mariatou Bah, et la plus âgée Mamouna Camara, une ménagère de 70 ans.

L'UFDG affirme également que "l'écrasante majorité des victimes (...) appartient à la même ethnie que le leader de l'opposition", dans un pays où les appartenances communautaires jouent un rôle important lors des élections.

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