France: violence contre des Roms sur base de rumeurs d'enlèvements d'enfants

Violence contre des Roms sur base de rumeurs d'enlèvements d'enfants
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Violence contre des Roms sur base de rumeurs d'enlèvements d'enfants - © JEFF PACHOUD - AFP

Le mythe de la camionnette blanche qui attend à la sortie des écoles pour enlever des enfants, ça vous parle ? C’est à partir de là que des rumeurs se sont propagées sur les réseaux sociaux et ont provoqué des rixes et le lynchage de Roms en Seine-Saint-Denis.

Dans ce département du nord-est de l’Ile-de-France, dix-neuf personnes avaient été placées en garde à vue « pour des faits de violences volontaires, dégradations par incendie et participation avec arme à un attroupement survenus dans la soirée du 25 mars », selon un communiqué du parquet de Bobigny.

Chasse aux sorcières

Ces violences faisaient suite à la multiplication sur les réseaux sociaux de messages alarmants évoquant des tentatives d’enlèvements d’enfants ou d’adolescents par des personnes circulant en camionnette dans plusieurs communes d’Ile-de-France, notamment dans les Hauts-de-Seine et en Seine-Saint-Denis. Les kidnappeurs seraient des Roms. Il s’avère toutefois que ces messages n’étaient que des rumeurs infondées.

Malgré cela, ils ont amplement eu le temps de causer des dégâts. Sur Snapchat notamment, des jeunes ont relayé ces fausses informations et ont invité leurs followers à venir les rejoindre pour une véritable chasse aux sorcières. Insultes, vandalisme de véhicules et lynchage de Roms au programme.

Lundi soir, vers 20h00, selon une source policière, une vingtaine de personnes avaient essayé de s’introduire dans un pavillon à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis avant que des Roms qui occupaient ce logement ne se réfugient dans un magasin de bricolage situé non loin.

Puis vers 21h00 à Bobigny, une cinquantaine de personnes armées de couteaux et de bâtons s’en étaient prises à des Roms installés au bord d’une route nationale. Des camionnettes ont été incendiées, selon cette même source. D’autres rixes avaient éclaté plus tard dans la soirée à Bobigny.

Ce type de rumeurs ont pour conséquence la stigmatisation d’une communauté

C’est « la démonstration de la nécessité absolue de lutter contre les fakes news », explique Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, en soulignant « l’importance de l’information, de la qualité des sources, […] et du travail journalistique. Quand on voit que ce type de rumeurs, propagées de manière extrêmement virale et extrêmement organisée sur les réseaux sociaux, ont pour conséquence de la violence, la stigmatisation d’une communauté […], c’est évidemment détestable », a encore dit M. Griveaux.

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