Vincent Lambert est décédé: fin d'une saga dramatique qui a secoué la société française

Vincent Lambert, patient tétraplégique en état végétatif depuis presque 11 ans et dont les traitements ont été interrompus la semaine dernière, est décédé ce jeudi matin, ont annoncé à l’AFP plusieurs membres de sa famille.

Le sort de Vincent Lambert bascule le 29 septembre 2008. Victime d’un grave accident de voiture, cet infirmier de 32 ans tombe dans un coma profond. Il ne reprendra jamais conscience. Commence une longue série de tentatives de soins. Le jeune homme est transféré dans différents hôpitaux à Châlons-en-Champagne, à Berck-sur-mer, chez nous à Liège, puis à Reims.

Etat de conscience minimale

Vincent Lambert n’a pas besoin d’assistance respiratoire, mais il doit être nourri par sonde. Au fil des années, son état neurologique ne s’améliore pas et une réflexion est lancée pour déterminer si le jeune homme fait ou non l’objet d’une obstination déraisonnable.


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Et c’est ici que le drame se transforme en saga familiale avec des proches qui vont se diviser en deux clans : un premier autour de l’épouse et de la plupart des frères qui estiment qu’il faut laisser partir Vincent qui n’aurait jamais accepté, selon eux, de vivre comme un "légume". De l’autre les parents, catholiques convaincus, qui estiment que leur fils est certes handicapé, mais qu’il mérite de vivre.

Batailles devant les tribunaux

C’est en avril 2013 que la guerre éclate lorsque les parents et les frères et sœur de Vincent découvrent que les médecins ont arrêté d’alimenter leur patient et ce avec l’accord de son épouse Rachel. Les premières procédures judiciaires sont lancées. Elles ne s’arrêteront plus avec plusieurs épisodes de "débranchement" puis "rebranchement" du malade.

En juin 2014, la Cour européenne des droits de l’Homme, saisie par les parents, interdit le transfert de Vincent Lambert en Belgique où son épouse réside désormais. La Belgique autorise, en effet, l’euthanasie et la Cour craint que le voyage en Belgique soit le dernier de l’ancien infirmier.

Les décisions de justice, favorables puis défavorables à la poursuite des soins continueront jusqu’en juin 2019. En juillet la Cour de cassation autorise l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation. Toutes les possibilités judiciaires sont épuisées. Les parents annoncent que désormais la mort de leur fils est inéluctable. La longue agonie de Vincent commence. Il s’est éteint après avoir passé onze ans dans le coma.

L'"affaire Vincent Lambert" a défrayé la chronique (sujet de notre JT du 21 mai dernier)

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