Angela Merkel promet "une majorité stable" et de récupérer les électeurs partis vers l'extrême droite

Victorieuse mais affaiblie par un score électoral décevant, Angela Merkel a promis de trouver une majorité stable de gouvernement et de récupérer les électeurs qui en masse ont choisi l'AfD, un parti dérivant vers l'extrême-droite.

"Tous les partis qui sont à nos yeux compatibles pour une coalition ont une responsabilité pour permettre l'émergence d'un gouvernement stable", a-t-elle dit au lendemain du score historiquement bas de 33% de sa famille politique conservatrice.

A l'issue d'une réunion de l'état-major de son parti, la CDU, elle a souligné qu'elle chercherait le dialogue avec les libéraux du FDP, les Verts et les sociaux-démocrates du SPD.

Entrée de l'AfD au Parlement

La quatrième victoire consécutive de la chancelière, au pouvoir depuis 2005, a un goût amer pour elle. Et les premiers signes de contestation sont apparus du côté de ses alliés conservateurs bavarois de la CSU, qui militent depuis deux ans pour que Angela Merkel entame un virage à droite.

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Car une partie de l'électorat conservateur -un million de personnes selon les sondages- a rejoint l'AfD. Un mouvement populiste qui a fait du rejet de l'accueil massif des migrants décidé par la chancelière en 2015 son grand cheval de bataille.

L'AfD a pris 13% des suffrages après une campagne particulièrement agressive et aux relents xénophobes, prenant pour modèle le président américain Donald Trump et les partisans de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Vrai choc

Thème de prédilection de cette droite dure: accuser la chancelière de "trahison" pour l'accueil de centaines de milliers de demandeurs d'asile majoritairement musulmans. Ces derniers généralement qualifiés de terroristes ou de criminels en puissance.

L'entrée d'un tel parti dans la chambre des députés est un vrai choc pour de nombreux Allemands, l'identité d'après-guerre reposant justement sur la lutte contre les extrêmes, la quête du compromis et la repentance pour les crimes du IIIe Reich. Des centaines d'Allemands ont d'ailleurs manifesté contre l'AfD dimanche dans tout le pays.

Quelles coalitions?

Mais les problèmes de Angela Merkel ne s'arrêtent pas là. La formation d'un gouvernement s'annonce très compliquée. Laminés, les sociaux-démocrates du SPD ont décidé de quitter la coalition avec la chancelière et de rejoindre les bancs opposition.

Il ne reste sur le papier qu'une solution majoritaire: une alliance inédite au niveau national réunissant la CDU-CSU, les Libéraux du FDP, qui reviennent au Bundestag avec 10,7%, et les Verts, qui ont atteint 8,9%.

Désaccords profonds

Cette coalition, dite "Jamaïque" - référence aux couleurs noir-jaune-vert des trois partis - n'existe actuellement qu'au niveau régional, dans le petit Etat nordique du Schleswig-Holstein. Et seulement depuis le printemps.

Problème, ces deux derniers partis s'opposent sur bien des dossiers clés comme l'immigration, l'avenir du diesel et la sortie du charbon. Ils ont aussi chacun des désaccords de fond avec les conservateurs. Le chef des libéraux, Christian Lindner, a lui déjà fixé une condition pour entrer au gouvernement: le rejet des idées de réforme de la zone euro portées par le président français Emmanuel Macron.

Les négociations pourraient donc prendre des mois. Depuis les premières élections d'après-guerre en 1949, le parti vainqueur a toujours réussi à former une majorité. Et la chancelière a exclu un gouvernement minoritaire s'appuyant sur des majorités changeantes.

Ce n'est qu'après l'officialisation d'une nouvelle coalition que Mme Merkel pourra formellement être désignée chancelière une quatrième fois. Autrement, de nouvelles élections pourraient être convoquées.

Résultats des élections

Ambiance et réactions ce matin dans les rues de Berlin (extrait JT 13h)

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