Irak: une guerre confessionnelle est "possible, mais évitable"

Des volontaires brandissent les armes qui leur ont été fournies par l'armée irakienne, pour contrer l'avancée des djihadistes sunnistes
Des volontaires brandissent les armes qui leur ont été fournies par l'armée irakienne, pour contrer l'avancée des djihadistes sunnistes - © AHMAD AL-RUBAYE

L'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) avance toujours en Irak, alors que les forces de sécurité se préparent à une contre-offensive qui passe par l'armement de volontaires. Quand les uns mettent en garde contre le risque d'une "guerre confessionnelle dévastatrice", pour d'autres, elle a déjà commencé. Ce lundi, le journaliste au Monde Diplomatique spécialiste du Proche-Orient Alain Gresh répondait à vos questions dans notre chat de midi. Pour lui, le risque d'une telle guerre existe, "mais elle est évitable". Et on ne d'une guerre, précise-t-il.

Ce lundi matin sur les ondes de la Première, le consultant international et spécialiste des djihadistes Samuel Laurent affirmait qu'on assistait au commencement d'un nouveau conflit mondial, avec un véritable front de djihadistes qui s'est selon lui déjà ouvert en occident.

Répondant aux questions des internautes, Alain Gresh a tenu à mettre en garde contre "cette vision d'une troisième guerre mondiale, d'une guerre de civilisations". Pour lui, il s'agit d'une vision "dangereuse" parce qu'"elle approfondit les divisions". "Les groupes qui utilisent la violence aveugle doivent être traités par la police et poursuivis par elle", a-t-il ajouté en précisant que "ce n'est pas une guerre".

Evoquant ces images atroces publiées dimanche qui montrent ce qui s'avère être le massacre de soldats irakiens en civil par des membres de l'EIIL, Samuel Laurent avait aussi déclaré que tous les ingrédients d'une guerre confessionnelle entre chiites et sunnites sont réunis en Irak. L'Union internationale des oulémas musulmans a quant à elle mis en garde contre "une guerre confessionnelle dévastatrice".

Pour certains, l'EIIL ne pourra jamais arriver à ses fins, étant données les divisions du monde musulmans. Mais jusqu'où iront les djihadistes sunnites face à cette armée démobilisée et un gouvernement qui a dû aller jusqu'à armer des volontaires? Quid des atrocités reportées sur ces photos montrant des soldats en civils étalés au sol côte à côte, essuyant les tirs à bout portant des AK-47 de combattants masqués?

Pour Alain Gresh, "l'armée irakienne n'a jamais été à la hauteur, car le pouvoir l'a organisé comme une milice à son service".

Alors, faut-il intervenir? Les troupes irakiennes peuvent-elles réussir à opérer la contre-offensive qu'elles ont annoncé?

Y a-t-il un lien plus ou moins fort entre ces événements et la situation syrienne?

Relisez le chat avec le journaliste au Monde Diplomatique spécialiste du Proche-Orient ci-dessous dans son intégralité.

G. Renier

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