Vers un nouvel État islamique avec Boko Haram au Nigeria?

Boko Haram a notamment instauré plusieurs fatwas à l'encontre de tous ceux qui coopèrent avec l'État.
Boko Haram a notamment instauré plusieurs fatwas à l'encontre de tous ceux qui coopèrent avec l'État. - © HO - BELGAIMAGE

Si les inquiétudes sont grandes concernant l'État islamique qui croît en Irak et en Syrie, un autre mouvement soulève peu à peu les mêmes craintes, sur le continent africain cette fois. Par le biais de son chef Abubakar Shekau, le groupe jihadiste Boko Haram a annoncé la création d'un califat islamique dans le nord du Nigeria le 24 août dernier et il ne cesse de progresser. Le gouvernement d'Abuja est dépassé.

De nombreuses villes sont sous le contrôle de Boko Haram depuis le retrait de l'armée nigériane. Les victoires s'accumulent pour cette organisation fanatique qui multiplie les atrocités et impose ses lois.

Le mouvement a en effet prononcé plusieurs fatwas - autrement dit, des édits religieux - à l'encontre de tous ceux qui soutiennent l'État, explique le Courrier International, citant Al Arabiya. Les personnes qui coopèrent avec les autorités sont considérés comme des renégats qui collaborent avec des infidèles et sont exécutées.

Idéologie similaire

Le califat repose sur une structure décentralisée : des groupes qui n'ont presque aucun lien entre eux agissent en son nom. Le calife Abubakar Shekau peut ainsi assurer la pérennité de son organisation puisque, si l'un de ces groupes est démantelé, les autres peuvent ne pas être inquiétés.

Boko Haram n'a pas de limites; ses cibles sont les civils, les villes chrétiennes, les écoles, la police... Tout comme l'État islamique, cette organisation jihadiste estime en effet qu'un califat doit régir le monde et, pour ce faire, massacrer tous les non-musulmans s'ils refusent de se convertir.

Ses victoires "viennent de Dieu", comme le pense aussi les membres de l'EI, et, in fine, l'objectif est d'instaurer la charia au Nigeria, où près de la moitié de la population est chrétienne.

Selon plusieurs rapports des Nations unies, on constate par ailleurs une hausse des violences sexuelles dans les zones contrôlées par les jihadistes.

Un État impuissant

Les forces gouvernementales affrontent Boko Haram depuis 2009 et ne parviennent guère à freiner son avancée. Le président Goodluck Jonathan a promis de vaincre, mais l'armée semble bien impuissante et le chef d'État est mis sous pression avec l'échéance présidentielle de 2015.

Le dialogue avec l'organisation jihadiste semble impossible et une bonne partie de la communauté internationale a exprimé ses préoccupations au sujet de l'avancée de Boko Haram.

Les critiques fusent donc de toute part envers le gouvernement nigérian, qui s'est par ailleurs montré incapable de localiser les écolières enlevées en avril dernier par le mouvement d'Abubakar Shekau.

T.M.

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