Venue manifester son islamophobie, elle finit par déjeuner à la mosquée


Le Noor Islamic Cultural Center est un centre islamique situé à Columbus, Ohio, dans le nord-est des Etats-Unis. C’est l’endroit qu’une poignée de manifestants anti-islam avait choisi pour venir exprimer leur refus de voir les fidèles musulmans pratiquer leur religion aux Etats-Unis.

Enfin, "une poignée", c’est ce qui était prévu car au final, seule une seule manifestante se présente face au centre islamique. N’écoutant que ses convictions, elle décide de commencer sa protestation sans attendre les autres.

Elle fait alors face à quelques fidèles de la mosquée abritée dans le centre. Malgré son islamophobie revendiquée, ces derniers l’accueillent avec bienveillance. L’un d’entre eux tente même d’établir un dialogue, bientôt rejoint par d’autres. "Voudriez-vous que l’on parle?", lui demande un jeune fidèle. "Non, non", répond son interlocutrice. "Nous pourrions être amis", poursuit le jeune homme. "Non, si vous êtes musulmans, ce ne sera pas possible. Va-t’en Satan !".

Le ton du dialogue reste courtois mais sur le fond, il paraît a priori impossible, la manifestante campant sur ses positions un long moment.

Je sentais qu’elle laissait filer toute cette colère et cette peur

Annie (c’est comme cela que se présente la manifestante) brandit ses pancartes islamophobes et explique les raisons de sa colère sans se démonter, pendant plus d’une demi-heure. Puis quarante minutes… Mais personne ne la rejoint dans sa protestation, et elle finit elle-même par s’en amuser avec ses interlocuteurs. C’est à ce moment, face à une nouvelle invitation des fidèles à entrer dans le centre pour discuter et prendre le déjeuner, qu’une femme voilée s’approche d’elle, les bras ouverts, pour l’embrasser. Annie ne la repousse pas. Et la ‘magie du câlin’ finit par opérer. Les larmes lui montent aux yeux. "Je pouvais sentir qu’elle se relâchait, qu’elle laissait filer toute cette colère et cette peur", explique Cynthia de Boutinkhar, la jeune femme musulmane.

"Il n’y a pas de mal en moi, je prie pour mes sœurs et mes frères musulmans. Je prie pour que les tueries s’arrêtent", lâche Annie durant l’embrassade. "Nous voulons tous que les massacres stoppent. Aucun vrai musulman ne veut qu’il y ait des meurtres", lui répond Cynthia.

Je leur ai dit que je voulais mon bacon bien croustillant

Et Annie de finir par se laisser convaincre de rejoindre les fidèles à l’intérieur du centre pour partager leur repas. "Je leur ai dit que je voulais mon bacon bien croustillant", a-t-elle ironisé.

A son entrée dans le centre, Annie est applaudie. Le responsable de la mosquée la saluera et lui offre le déjeuner. "Je lui ai dit que je goûterais pour elle d’abord", ironise Cynthia de Boutinkhar.

Annie passe finalement deux heures dans le centre. Si l’on en croit son interlocutrice, Annie serait partie sans ses pancartes en disant "je ne pensais pas que des musulmans pourraient être aussi gentils avec moi, même après que je sois restée là avec mes pancartes. Désolée".

Voir la vidéo complète (50 minutes) ci-dessous:

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