Venise : les navires de croisières ne pourront plus passer devant la Place Saint-Marc

Les géants des mers ne pourront plus passer devant la place Saint Marc, à Venise. Quatre ministres du gouvernement Draghi viennent de signer un accord en ce sens.

Les paquebots devront désormais jeter l’ancre au port industriel de la ville, le port de Marghera, plutôt qu’au terminal touristique du centre historique de Venise.

Les ministres de la Culture, du Tourisme, de l’Environnement et des Infrastructures ont pris cette décision "afin de protéger un patrimoine culturel et historique qui appartient non seulement à l’Italie, mais au monde entier", selon un communiqué commun.

Ils ne pourront plus passer par le Canal de la Giudecca

Les bateaux ne pourront donc plus emprunter le Canal de la Giudecca, celui qui longe tout le centre historique. Ils devront emprunter un autre chemin : entrer dans la lagune par la passe de Malamocco, à la pointe sud de l’île du Lido, et atteindre le port industriel via le Canal des Pétroliers.

Une interdiction théorique depuis le naufrage du Costa Concordia

En théorie, depuis 2012, le décret Clini Passera, promulgué après le naufrage du Costa Concordia, interdisait déjà le passage des bateaux de croisière de plus de 40.000 tonneaux par le canal de la Giudecca. Mais la législation restait théorique car, sans solution concrète, les navires continuaient d’entrer par la passe du Lido pour rejoindre la station maritime.

La polémique avait été relancée en juin 2019, lorsqu’un navire de croisière avait heurté un quai puis un bateau touristique, provoquant des dégâts matériels, et 5 blessés légers.

Cette fois-ci, les autorités choisissent donc une alternative concrète. Selon le Corriere della Sera, “quelques travaux d’adaptation et de protection des zones qui devront accueillir les passagers, seront nécessaires. Dans le passé, on parlait de cinq, six mois de travaux. Les premiers navires de la saison pourraient donc continuer à arriver à la Marittima [le port de croisières, au centre de Venise, ndlr] si les quais ne sont pas prêts.” Le quotidien italien précise que, si le trafic des paquebots est pour le moment à l’arrêt à cause du Covid, certains évoquent une légère reprise possible à partir de juin-juillet.

Une solution temporaire, avant d’exclure les navires de la lagune.

Cette alternative n’est cependant qu’une solution temporaire. Les quatre ministres ont annoncé un appel à idées pour trouver "une solution définitive au problème de la circulation des gros navires à Venise" en créant un nouveau terminal hors de la lagune de la ville historique. C’est ce que de nombreux Vénitiens appellent de leurs vœux.

Le Corriere della Serra rappelle qu’un tel projet a déjà été présenté, “celui de Duferco-De Piccoli, qui prévoit un terminal à la passe du Lido : de là, les passagers, les bagages et les marchandises seraient transportés par des bateaux à moteur à faible impact environnemental et par d’autres moyens jusqu’à la Marittima, qui resterait l’endroit de check-in et check-out.

Ce plan est au point mort depuis des années parce que le port et la commune de Cavallino-Treporti (une commune de Venise) n’en veulent pas. Désormais, tout le monde peut soumettre son idée, elle sera analysée. Il faudra des années pour la mettre en œuvre, conclut le quotidien, sceptique.

Avant la crise du coronavirus, Venise voyait défiler jusqu’à dix paquebots par jour en haute saison. Un trafic qui provoquait des dégâts inestimables à la Cité des Doges.

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