Venezuela : que restera-t-il des manifestations du 1er mai, après une journée d'affrontements ?

Des manifestants réclament le départ du président Nicolas Maduro affrontent les forces de l'ordre le 1er mai à Caracas, Venezuela.
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Des manifestants réclament le départ du président Nicolas Maduro affrontent les forces de l'ordre le 1er mai à Caracas, Venezuela. - © FEDERICO PARRA - AFP

L’opposant et président autoproclamé du Venezuela, Juan Guaido, avait appelé à « la plus grande manifestation de l’histoire du pays » pour que la journée du 1er mai 2019 devienne synonyme de changement de régime. Des milliers de personnes se sont rassemblées hier dans le centre de la capitale, Caracas, pour appeler au départ du président Nicolas Maduro, mais Juan Guaido semble ne pas avoir réussi son pari. Nicolas Maduro est toujours là. Il a aussi juré de punir ceux qu’il appelle les « traîtres happés par la droite putschiste ».

Juan Guaido plaide pour « une grève générale ».

Juan Guaido a donc finalement appelé ses partisans à organiser une « une grève générale ». « Demain, nous allons accompagner la proposition de grève tournante (faite par les travailleurs) pour arriver à la grève générale », a-t-il déclaré devant ses partisans.

Une manifestante de 27 ans tuée par balle

Une manifestante de 27 ans, Jurubith Rausseo, a été tuée d’une balle pendant cette manifestation du 1er mai. C’est ce qu’a affirmé l’Observatoire vénézuélien des conflits sociaux, proche de l’opposition.

« Je m’engage à faire en sorte que ceux qui ont voulu tirer contre un peuple qui a décidé d’être libre se repentent de la mort. Tout cela doit s’arrêter », a réagi Juan Guaido sur Twitter.

Les services sanitaires du quartier de Chacao à Caracas, contrôlés par l’opposition, ont par ailleurs fait état de 46 blessés, dont deux par arme à feu, dans de nouvelles échauffourées entre forces de l’ordre et manifestants, en marge d’un défilé des partisans de Juan Guaido. La veille, des affrontements avaient déjà fait au moins un mort et des dizaines de blessés, selon le gouvernement et l’opposition.

Une grenade jetée en direction d’un journaliste

Lors des manifestations du 1er mai, le journaliste Gregory Jaimes a été atteint par des éclats de grenade. Selon des journalistes présents sur place, cette grenade aurait été lancée par la police vénézuélienne. Gregory Jaimes est un journaliste connu au Venezuela. Il travaille pour la chaîne de télévision numérique privée VPI Tv.

Voici le moment de l’incident filmé par Hugo Marin.

Le journaliste est finalement rentré chez lui. Il dénonce sur les réseaux sociaux « une atteinte à la liberté d’exercer sa profession ».

Nicolas Maduro veut punir les « traîtres happés par la droite putschiste »

Devant plusieurs milliers de ses partisans rassemblés pour la Fête du travail devant le palais présidentiel de Miraflores, Nicolas Maduro a averti qu’il n’aurait « aucune hésitation » à « mettre derrière les barreaux les responsables de ce coup d’Etat criminel », orchestré selon lui par les Etats-Unis.

Mardi, après l’échec du soulèvement, un groupe d’opposants avait demandé l’asile à l’ambassade du Brésil. Une des figures de l’opposition, Leopoldo Lopez, qui était assigné à résidence depuis 2017 et était apparu aux côtés de Juan Guaido et de militaires, s’était pour sa part réfugié dans l’ambassade du Chili, puis dans celle d’Espagne. « Une poignée de traîtres happés par la droite putschiste a voulu s’imposer […] Ils ont fui d’ambassade en ambassade, la justice les recherche et bientôt ils iront en prison pour payer leur trahison et leurs délits », a affirmé Nicolas Maduro devant ses partisans.

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