Venezuela: Nicolas Maduro remporte la présidentielle

Le chef de l'Etat sortant du Venezuela Nicolas Maduro a été déclaré dimanche vainqueur de la présidentielle par l'autorité électorale, avec près de 70% des suffrages, après le dépouillement de la quasi-totalité des bulletins de vote.

Le président socialiste sortant remporte 67,7% des voix contre 21,2% à son principal adversaire Henri Falcon, qui a rejeté le processus électoral, a annoncé la présidente du Conseil national électoral (CNE) Tibisay Lucena, faisant état d'une "tendance irréversible".

Environ 30% des Vénézuéliens sont allés voter, selon l'alliance d'opposition alliance Ample Front. Plusieurs bureaux de vote à travers le pays demeuraient ouverts après l'heure officielle de fin du scrutin prévu à 18H00 locales (00H00 HB), selon les médias d'Etat.

Le groupe de Lima, une alliance de 14 pays d'Amérique et des Caraïbes, a estimé pour sa part que la participation était de 17%. Ce groupe a une nouvelle fois répété que ses pays membres ne reconnaîtraient pas les élections.

"Manque de légitimité"

Peu avant, Henri Falcon, avait dénoncé le manque de "légitimité" de cette élection et exigé la tenue d'un nouveau scrutin avant la fin de l'année. "Nous ne reconnaissons pas ce processus électoral, pour nous, il n'y a pas eu d'élection. Une nouvelle élection doit être organisée au Venezuela", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, accusant le gouvernement d'avoir fait pression sur les électeurs.

L'adversaire de Nicolas Maduro a pointé du doigt les "points rouges", ces tentes installées par le PSUV, le parti au pouvoir. Après avoir voté, les électeurs sont venus s'y inscrire dimanche dans l'espoir de recevoir la récompense promise par le président.

"12.711 points rouges ont été installés à travers le pays (...) Là, présume-t-on, ils ont reçu un virement de 10 millions de bolivars (après avoir voté). Ce qui représente 87,6% des 14.000 bureaux de vote", a ajouté Falcon, dénonçant la prolongation des horaires des lieux de scrutin et l'expulsion de ses observateurs dans certains d'entre eux.

Rejet du scrutin

Le chaviste dissident Henri Falcon, 56 ans, s'est présenté après avoir quitté la coalition d'opposition (MUD), qui boycotte le scrutin qu'elle qualifie de "fraude" depuis des mois.

L'autre candidat de l'opposition, le pasteur évangélique Javier Bertucci, 48 ans, a également dénoncé l'élection quelques minutes après et appelé à un nouveau vote.

Outre l'opposition, les Etats-Unis, l'Union européenne et le groupe de Lima, une alliance de 14 pays d'Amérique et des Caraïbes, rejettent ce scrutin. La mission des Etat-Unis auprès de l'ONU a qualifié d'"insulte à la démocratie" l'élection présidentielle. L'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley a en outre estimé qu'il était temps pour le président candidat à sa succession, Nicolas Maduro, de s'en aller.

"La soi-disant 'élection' au Venezuela est une insulte à la démocratie", a communiqué sur Twitter la mission américaine après de l'ONU, dirigée par l'ambassadrice américaine Nikki Haley, qui a partagé le message. "Nous allons continuer à soutenir les Vénézuéliens qui se battent pour un meilleur futur dans leur pays. Il est temps que Maduro (le président du Venezuela, ndlr) s'en aille", poursuit la communication. 

Quelque 20 millions d'électeurs étaient appelés à voter dimanche à la présidentielle anticipée dont Nicolas Maduro était le grand favori, bien que 75% des Vénézuéliens désapprouvent sa gestion, lassés par les pénuries de nourriture, de médicaments, ou d'électricité, conjuguées à la hausse de l'insécurité.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK