Venezuela: l'opposition réclame une enquête impartiale sur les explosions de drones

Venezuela: l'opposition réclame une enquête impartiale sur les explosions de drones
Venezuela: l'opposition réclame une enquête impartiale sur les explosions de drones - © FEDERICO PARRA - AFP

Le Parlement vénézuélien, seule institution tenue par l'opposition, a réclamé mardi l'ouverture d'une enquête impartiale sur les explosions de drones survenues samedi à Caracas, dont le président Nicolas Maduro dit avoir été la cible.

Dans une déclaration lue dans l'hémicycle, le Parlement a appelé à une "enquête sérieuse, objective, impartiale et concluante qui fournirait des informations précises" sur ces faits que le gouvernement socialiste vénézuélien a qualifié d'"attentat" contre son leader.

Selon les autorités vénézuéliennes, deux drones chargés chacun d'un kilo de C4, un puissant explosif militaire, ont explosé à proximité de la tribune présidentielle lors d'une parade militaire, blessant sept soldats.

Peu après les faits, M. Maduro a mis en cause Juan Manuel Santos, le président colombien qui a passé mardi les rênes du pouvoir à son successeur Ivan Duque.

Évoquant des "financiers" non identifiés qui résideraient aux Etats-Unis, M. Maduro a également mis en cause "l'ultra-droite", se référant ainsi à l'opposition vénézuélienne.

Commentant les faits survenus samedi, le Parlement a déclaré "rejeter les voies, violentes ou non, qui s'écartent des lignes directrices établies dans la Constitution".

Rapidité de la réponse des forces de l'ordre, contradictions dans les déclarations des autorités, éventuelles manipulations: l'affaire soulève de nombreuses questions.

Six arrestations

Pour l'heure, six personnes ont été arrêtées dans cette affaire, d'après le ministre de l'Intérieur Nestor Reverol. "Malheureusement, un régime qui utilise la propagande et la désinformation comme méthodes systématiques n'a aucune crédibilité", a estimé le Parlement.

Les députés ont confirmé "leur engagement en faveur de solutions politiques, institutionnelles et pacifiques à la crise actuelle". Ils tiennent le gouvernement et la puissante Assemblée constituante pour responsables de la violence au Venezuela.

"Ils ont contribué à aggraver la crise économique et sociale en bloquant les mécanismes constitutionnels qui permettraient une solution pacifique efficace", ont estimé les parlementaires.

Le Parlement a également dénoncé l'intention du gouvernement d'utiliser cette affaire de drones afin "de renforcer la persécution politique" de l'opposition.

"Nous réaffirmons que la lutte politique des Vénézuéliens doit être orientée (...) vers l'obtention d'élections libres, réunissant toutes les conditions démocratiques sous observation internationale", souligne le Parlement.

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