Venezuela: l'investiture de Nicolas Maduro largement contestée

Au Venezuela, Nicolas Maduro investi jeudi pour un second mandat à la tête du pays. Mais depuis vendredi, les appels à ne pas reconnaître la légitimité du président vénézuélien se multiplient.

Jeudi justement, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, a indiqué que les Etats-Unis ne reconnaîtraient pas "l'investiture illégitime de la dictature Maduro". "Nous continuerons d'augmenter la pression sur ce régime corrompu, de soutenir l'Assemblée nationale démocratique et d'appeler à la liberté et la démocratie au Venezuela", a tweeté John Bolton.

L'Organisation des Etats américains (OEA) a adopté elle aussi une résolution visant à déclarer "illégitime" son second mandat. La déclaration, approuvée par 19 voix (6 contre, 8 abstentions et 1 absence) au cours d'une session extraordinaire, déclare "illégitime le nouveau mandat de Nicolas Maduro commençant le 10 janvier".

Même le juge Zerpa se distancie

Il y a également eu cette déclaration signée par treize des quatorze pays américains du Groupe de Lima. Puis ce vote à l’Assemblée Nationale, acquise à l’opposition, ce samedi. Mais aussi, et c’est plus surprenant, cet appel d’un magistrat du Tribunal Suprême de Justice pourtant réputé proche du pouvoir.

C’est depuis les Etats-Unis, où il s’est enfui avec sa femme et ses enfants, que le juge Christian Zerpa s’est exprimé.

"Le président Nicolas Maduro ne mérite pas un second mandat car son élection n’a pas été libre et représentative. J’ai donc décidé de ne pas reconnaître l’investiture de Nicolas Maduro."

Un Tribunal Suprême de Justice à la place du Parlement

Le Tribunal Suprême de Justice n’a pas tardé à réagir, accusant le magistrat d’avoir quitté le Venezuela car il était visé par une enquête pour harcèlement sexuel.

Pourtant il n’est pas le seul à juger le président vénézuélien illégitime. Élu président de l’Assemblée Nationale samedi dernier, Juan Guaido a promis de "mettre en place un gouvernement de transition et de convoquer des élections libres".

"À partir du 10 janvier, cette Assemblée Nationale, en tant qu’unique pouvoir légitime élu, assumera la représentation du peuple", a-t-il déclaré.

Malgré le tonnerre d’applaudissements des députés et l’hymne vénézuélien qu’ils entonnent en chœur, tout cela reste bien symbolique: depuis 2016, toutes les décisions du Parlement sont jugées nulles par le Tribunal Suprême de Justice.

C’est d’ailleurs face à ce tribunal, et non face au Parlement comme c’est la coutume, que Nicolas Maduro prêtera serment aujourd’hui.

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