Venezuela: l'interview qui embarrasse Nicolas Maduro

Dans une interview donnée en février dernier à un journaliste américain au Palais de Miraflores, le siège de la présidence à Caracas, le président du Venezuela Nicolas Maduro a perdu son sang froid.

Agacé par des questions concernant les prisonniers politiques, le président a brusquement interrompu l'interview suite à un échange houleux puis fait confisquer la matière enregistrée. Trois mois plus tard, les images ont fini par resurgir.

"Tu peux reprendre tes ordures"

C'est Jorge Ramos, un influent journaliste qui avait la lourde tâche d'interviewer le chef d'Etat. Durant l'entretien, le présentateur américano-mexicain du journal télévisé d’Univision à fait savoir qu'il avait en sa possession une liste de plus 400 prisonniers politiques et a proposé à Nicolas Maduro de la consulter.

L’échange s'est ensuite rapidement tendu, Nicolas Maduro accusant Jorge Ramos de prendre position. "Tu peux reprendre tes ordures, mon pote" lui a alors lancé le président venezuelien. "Ce ne sont pas des ordures, ce sont des prisonniers politiques, Monsieur Maduro", lui a rétorqué le journaliste. "Tu es venu pour me provoquer, tu vas ravaler tes provocations avec un Coca-Cola", lui répond alors Nicolas Maduro. 

Le journaliste n'en démord pas et pointe alors plusieurs crimes commis sous le régime présidentiel. "Neomar Lander, tuée par des bidons de gaz lacrymogène. Paola Andreina, une étudiante assassinée par une balle dans la tête...", énumère Jorge Ramos.

"Il est très facile de critiquer la justice, vous êtes la justice? Vous êtes procureur?", lui demande alors Nicolas Maduro. "Non, je suis un journaliste qui pose des questions", lui répond son interlocuteur. "Vous n'êtes pas journaliste", rajoute le président.

Matériel confisqué, équipe expulsée

L'intervieweur continue en lui expliquant que face à ces différentes victimes, c'est le président qui est forcément pointé du doigt comme responsable. "Ecoutez, vous n'êtes pas objectif pour un journaliste". 

Après 17 minutes d'entretien, le président contesté met fin à ce duel et confisque l'enregistrement. Jorge Ramos et son équipe de sept personnes sont ensuite entendus pendant deux heures avant d'être expulsé du pays.

Cette vidéo est ensuite retrouvée trois mois plus tard, probablement grâce à une fuite au sein de régime. Celle-ci a été diffusée hier, risquant de salir à nouveau l'image déjà très écornée de Nicolas Maduro, en proie à une opposition grandissante et une contestation internationale de plus en plus vive. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK