Venezuela : l'exode continu

L'exode des Vénézuéliens se poursuit
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L'exode le plus massif de l'histoire récente de l'Amérique latine. L'exode des Vénézuéliens. Les Nations unies viennent de livrer les chiffres qui illustrent le désarroi de ceux qui fuient une situation économique désastreuse. Quelques trois millions de Vénézuéliens vivent à l'étranger, dont plus de 2 millions ont émigré depuis 2015. Et cette fuite désespérée est loin d'être terminée...

Exemple à Caracas. Le consulat du Chili. Où les files s'allongent dès les premières lueurs du jour. Hommes, femmes, jeunes ou moins jeunes, cherchent à y décrocher, parfois depuis de longs mois, leur précieux sésame pour mettre les voiles. "Ma demande de visa date du 19 avril dernier. Huit mois d'attente. J’en ai fait la demande le 19 avril", confie Billy, 26 ans. "Je suis venu de nombreuses fois ici demander pourquoi je restais sans nouvelles. On m’a répondu que les visas étaient donnés au hasard. Grâce à Dieu, j’ai enfin eu une réponse. Je vais pouvoir repartir avec les documents. "

 

Espoirs déçus

 

D'autres candidats à l'exil peinent à garder espoir. Tant il est difficile de décrocher ce visa, selon le dispositif mis en place par les autorités chiliennes. C'est le cas de Rebecca, venue jouer le tout pour le tout. De son village, elle a fait huit heures de route pour rejoindre l'ambassade à Caracas. Les nouvelles ne sont pas bonnes. Un premier refus lui a été annoncé. "S’ils me confirment que je ne peux pas avoir le visa, je ne pense pas avoir la force de refaire une demande et d’attendre six autres mois", explique la jeune femme. "Je partirai peut-être sans papiers, mais la vie sera plus difficile sans visa. "

 

C'est le deuxième chapitre d'un parcours chaotique. Car, avant d'obtenir un visa, le candidat aura dû préalablement disposer d'un passeport. Demandes multiples et même pénurie de papier en entrave l'efficacité. Mais surtout, le passeport vaut de l'or : 18 000 bolivars, soit l’équivalent de quatre salaires minimums. En sachant que 80 % des Vénézuéliens, comme Billy, touchent moins de 10 euros par mois. "Jamais je ne pourrai m'acheter une maison en restant ici, confie le jeune homme. "Je peux à peine aller au marché acheter à manger. Au Chili, je n’aurais pas une vie de luxe, mais au moins, ça vaudra le coup de faire des efforts et de travailler."

 

Même les privilégiés, ceux qui gagnent un peu plus, ne s'y retrouvent plus, tant l'inflation fait de la vie quotidienne un enfer. Alvy, un jeune ingénieur de 26 ans, est condamné à enchaîner les petits boulots, à côté de son travail "officiel". Comme il avait la double nationalité, son choix, à lui, s'est porté sur le Pérou voisin. Comme 500.000 autres Vénézuéliens. "Je vends notamment des appareils électroniques que je fais importer", explique Alvy. "Tout ce qui peut m’apporter un petit complément d’argent j’essaie de le faire. Si tu veux vivre correctement, il faut partir d’ici."

 

Selon l’ONU, 5000 Vénézuéliens quittent leur pays chaque jour. Une situation gravissime qui a poussé l’organisation à rajouter le Venezuela dans son projet d’aide humanitaire annuel.

Archives : Journal télévisé 29/08/2018

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