Venezuela: Hugo Chavez réélu pour six ans avec plus de 54% des voix

Hugo Chavez réélu président pour six ans
2 images
Hugo Chavez réélu président pour six ans - © JUAN BARRETO (AFP)

Le président du Venezuela Hugo Chavez, au pouvoir depuis 1999, a été réélu dimanche pour un mandat de six ans devant lui permette de poursuivre sa "révolution socialiste", face à Henrique Capriles Radonski, qui affiche le meilleur score jamais enregistré par l'opposition.

Selon des résultats portant sur 90% des bulletins de vote, Hugo Chavez a obtenu 54,42% des voix, contre 44,97% à Henrique Capriles, ont annoncé les autorités électorales après un scrutin sans heurts marqué par une forte participation.

L'annonce de la réélection d'Hugo Chavez a été saluée par des tirs de feux d'artifice et des manifestations de joie dans la capitale Caracas. Vers 23h30 locales (04h00 GMT), le président réélu est apparu vêtu d'une chemise rouge au balcon du palais présidentiel de Miraflores pour s'adresser à des milliers de partisans.

Sous les acclamations de la foule, qui scandaient "Ouh ! Ah ! Chavez ne s'en va pas !", il a salué une "bataille (électorale) parfaite sur toute la ligne, une bataille démocratique" et promis d'être "un meilleur président".

"Chavez a fait beaucoup de choses pour les pauvres, il m'a donné une maison dans le meilleur quartier de Caracas", a raconté à l'AFP Jose Ramiro, un fonctionnaire de 32 ans enthousiaste.

Récoltant plus de 7,44 millions de voix dimanche, contre 6,15 millions à Henrique Capriles, le président Chavez a rassemblé plus de suffrages que lors de sa précédente réélection, en 2006, lorsqu'il avait pourtant battu l'opposant Manuel Rosales de plus de 25 points, avec 62% des voix.

"Nous avons atteint une des participations les plus élevées de ces dernières décennies", à 80,94%, a indiqué la présidente du Conseil électoral national (CNE), Tibisay Lucena, en dévoilant les résultats.

Dans une allocution depuis son siège de campagne, Henrique Capriles, 40 ans, a respecté son engagement de ne pas contester les résultats et félicité le président réélu, estimant que "la parole du peuple est sacrée".

"Pour gagner, il faut savoir perdre", a aussi déclaré l'ex-gouverneur de l'Etat de Miranda, le deuxième plus peuplé du pays, qui était parvenu à fédérer sur son nom la majorité des courants de l'opposition, de droite comme de gauche.

Dimanche, il a enregistré un score historique pour un opposant depuis l'accession d'Hugo Chavez au pouvoir.

Ses partisans rencontrés à son QG de campagne s'avouaient déçus, mais pleins d'espoirs pour l'avenir avec l'émergence d'Henrique Capriles comme opposant numéro un: "Je suis déçue, mais pas vaincue", déclarait notamment Rosana Gonzalez, 25 ans, résumant l'état d'esprit général.

Hugo Chavez, l'indétrônable

Souvent accusé d'autoritarisme, Hugo Chavez se présente au contraire comme un champion des élections, ayant organisé 15 scrutins en moins de 14 ans de pouvoir.

Elu président en 1998, il a été réélu en 2000, après une réforme constitutionnelle. En 2002, cet ancien militaire lui-même putschiste est victime d'une tentative de coup d'Etat fomentée par les milieux d'affaires avant de remporter en 2004 un référendum révocatoire convoqué par l'opposition.

Insubmersible, il remportait à nouveau très largement la présidentielle de 2006, avant d'essuyer son seul échec électoral, en 2007, quand les Vénézuéliens ont repoussé une nouvelle réforme constitutionnelle. En 2009, il a toutefois fait adopter par référendum un amendement permettant la réélection indéfinie du président.

L'ancien lieutenant-colonel, âgé de 58 ans, un temps affaibli par un cancer diagnostiqué en juin 2011, a encore bénéficié dimanche de l'appui des classes populaires, majoritaires parmi les 28,9 millions de Vénézuéliens, en raison notamment des nombreux programmes sociaux mis en place par son gouvernement.

Financés par la rente pétrolière - le pays dispose des plus importantes réserves de pétrole au monde -, ces programmes ont permis d'améliorer la vie de nombreux Vénézuéliens dans les domaines de la santé, du logement ou de l'éducation.

Le pays reste toutefois en proie à une forte criminalité, une inflation galopante (26,7% en 2011 selon la Banque centrale) et une corruption endémique (le Venezuela est 172e sur 182 dans le classement 2011 des pays les plus corrompus établi par Transparency International).

Selon les observateurs, tout indique qu'il a pour intention de poursuivre sa politique socialiste.

"Chavez va tenter de consolider sa révolution, il va tenter de faire passer son triomphe comme le triomphe indiscutable de l'idée que sa révolution peut être approfondie dans le temps", a expliqué à l'AFP Luis Vicente Leon, de l'institut Datanalisis.

Toutefois, selon l'analyste, le score élevé de son opposant "établit une nouvelle relation opposition-gouvernement" avec laquelle il devra compter.

AFP

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK