Venezuela: deux manifestants tués, 41 morts depuis début avril

Des opposants au président vénézuélien Nicolas Maduro plantent des croix à Caracas, le 15 mai 2017
Des opposants au président vénézuélien Nicolas Maduro plantent des croix à Caracas, le 15 mai 2017 - © FEDERICO PARRA

Deux manifestants de 17 et 33 ans sont décédés au Venezuela, portant le bilan à 41 morts en six semaines de protestations pour exiger le départ du président socialiste Nicolas Maduro, a annoncé mardi le parquet.

Diego Hernandez, 33 ans, "est mort hier (lundi) après avoir reçu un tir (d'arme à feu) lors d'une manifestation" à Capacho, dans l'Etat de Tachira, frontalier avec la Colombie, a indiqué le parquet, précisant qu'un policier a été "arrêté" pour ce meurtre.

Plus tôt, le ministère public avait annoncé le décès, dans la matinée, d'un jeune homme de 17 ans, blessé la veille par balle lors d'un rassemblement contre le président Maduro.

Il se trouvait "à proximité de la manifestation, lorsqu'un groupe de personnes est arrivé soudainement et a tiré à plusieurs reprises, blessant le jeune homme" au niveau de la tête, selon le parquet.

Le bilan de 41 morts de cette vague de manifestations et violences, qui survient dans un contexte de profonde crise économique et politique, est le plus lourd depuis les marches de 2014 qui avaient fait officiellement 43 morts.

Lundi, des milliers d'opposants au chef de l'Etat ont bloqué les principales routes du pays, une journée émaillée par des violences. L'opération, nommée "grand sit-in contre la dictature", a mobilisé pendant une douzaine d'heures des manifestants dans une cinquantaine de points stratégiques du pays.

L'objectif était de "rendre ingouvernable" le Venezuela, déjà secoué par une profonde crise politique depuis des mois, qui s'ajoute au marasme économique de ce pays pétrolier ruiné par la chute des cours du brut, a expliqué aux journalistes Freddy Guevara, vice-président du Parlement contrôlé depuis fin 2015 par l'opposition.

L'opposition exige des élections générales anticipées et rejette la décision du chef de l'Etat de convoquer une assemblée constituante pour réformer le texte suprême datant de 1999, estimant qu'il s'agit d'une manoeuvre pour repousser le scrutin présidentiel prévu fin 2018 et s'accrocher au pouvoir.

Nicolas Maduro est confronté depuis le 1er avril à une vague de manifestations hostiles quasi quotidiennes. Au moins 155 civils ont été emprisonnés sur ordre de tribunaux militaires, a dénoncé l'ONG Foro Penal.

 

Heurts à Caracas, le 13 mai:

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