Varsovie: une marche des "1000 toges" contre "la loi muselière"

Varsovie: une marche des "1000 toges" contre "la loi muselière"
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Varsovie: une marche des "1000 toges" contre "la loi muselière" - © JANEK SKARZYNSKI - AFP

Des milliers magistrats et avocats ont défilé dans les rues de Varsovie en Pologne ce samedi. Les manifestants voulaient montrer leur opposition à un projet de loi qui permettrait au gouvernement de prendre la main sur la Justice et faire taire des juges par différents moyens.

Procédures disciplinaires, contrôles fiscaux et même le limogeage pour ceux qui oseraient critiquer les réformes de la Justice du gouvernement. Ces réformes, mises en place depuis 4 ans par le parti au pouvoir (PiS) mettent à mal l’indépendance des juges et des procureurs vis-à-vis du monde politique.

Nous ne serons pas traités comme tous les juges en Europe

Ils étaient des milliers à porter leurs robes noires symbole de leur profession. Ils sont juges, avocats ou procureurs. Pour Alexandra Kisnofska Télivitch, juge à Posnan depuis 1989, " Les juges ne peuvent déjà par parler de tout. Et ce projet de loi va encore plus limiter notre liberté de parole. C’est pourtant notre droit citoyen de dire quand les choses ne vont pas. Nous nommons ce projet de loi : la 'loi muselière'".

Bruxelles pourra peut-être changer les choses

Ce projet de loi permettra au gouvernement d’aller jusqu’au limogeage de juges qui critiquent les réformes de la Justice. Des réformes pourtant condamnées par l’Union Européenne. "Avec ce projet de loi, on risque de sortir de l’Union. Car nous ne serons pas traités comme tous les juges en Europe. Le gouvernement est pourtant très déterminé de faire passer ce projet de loi. Mais il a peur des sanctions européennes. Donc peut-être que Bruxelles pourra changer quelque chose. "

Des délégations d’une vingtaine de pays européens ont fait le déplacement pour participer à la manifestation. Marie Messiant, juge et présidente de l’association syndicale des magistrats en Belgique en faisait partie : " On veut, derrière cela, faire en sorte que les droits fondamentaux des citoyens polonais, ne puissent plus être exercés et s’il n’y a pas d’exercice effectif des droits, il n’y a plus de démocratie, plus d’État de droit. Et c’est la fin de tout ce qui a été construit depuis tellement d’années."

Le projet de loi devrait être voté par le Sénat dans quelques jours.

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