Valls ou Hamon: qui a remporté le débat de la primaire sur Twitter?

Valls ou Hamon : qui a remporté le débat de la primaire sur Twitter ?
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Valls ou Hamon : qui a remporté le débat de la primaire sur Twitter ? - © Tous droits réservés

Les apparitions politiques télévisuelles déchaînent les passions par le fantasme selon lequel celles-ci pourraient faire gagner ou perdre un candidat. Avec l’arrivée des réseaux sociaux, les jeux d’influence et le combat politique autour des débats se sont également transposés sur les réseaux sociaux. Chaque déclaration, chaque mouvement de cils et chaque faiblesse est discuté, raillé et disséqué sur Twitter.

Avec le temps, la pratique s’est également professionnalisée dans la mesure où chaque équipe présidentielle dispose d’équipe "de riposte", chargée de propager les déclarations préparées et d’influer sur les études social media qui sortiront dès le débat fini de manière à ce que leur poulain paraisse être le candidat le plus apprécié.

Dans ce monde relativement misogyne (68 % des twittos sont de sexe masculin), les éléments qui vont déclencher une activité forte sont essentiellement des punchlines.

Ainsi, les pics d’activité durant le débat du second tour ont été les phrases "Je suis le candidat de la feuille de paie, et pas de la feuille d’impôts", "on négocie avec les banquiers, pas avec la nature" et "respecter les règles, c’est commencer par respecter ce pour quoi on a été élu". Ce sont d’ailleurs ces mêmes phrases qui sont présentes dans les tweets les plus retweetés :  

 

Et à ce jeu des tops tweets, les déclarations de Benoit Hamon sont de loin celles qui ont le plus émergé durant le débat. Ce dernier est d’ailleurs le plus mentionné avec une large majorité (60 %) tout comme il dispose du slogan le plus clamé :

Les thèmes du débat sur Twitter ont tourné autour du revenu universel, et de la laïcité/le voile. Ce dernier thème a fait qu’en dehors des communautés d’observateurs et des deux candidats, on signale la forte présence de l’extrême droite (10 % des twittos) et du Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF).

Cela montre que Twitter est tout sauf un village global où les citoyens échangent autour des différents axes de campagnes dans une logique de débat constructif. On est davantage dans l’exercice d’agitprop où le sport consiste à crier le plus fort sans prendre le soin de regarder les messages de son voisin.

Un autre enjeu et questionnement est celui des troupes de candidats déchus. Que deviennent-elles ? Suivent-elles les consignes de leur leader, y compris dans leur activisme sur Twitter ? Passons le cas de Jean-Luc Bennahmias dont les communautés étaient inexistantes. Celles de Sylvia Pinel et de François de Rugy dont aucun des fidèles n’a tweeté durant le second débat. Quant aux fidèles d'Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, ils ont complètement disparu des radars puisqu’alors que leur communauté pesait lors du dernier débat du premier tour environ 5 %, elles ne valaient mercredi soir plus que 0,2 %. Sur base de ce micro-échantillon, nous pouvons dire que les troupes présentes de Montebourg sont pleinement engagées en faveur d’Hamon, tandis que celles de Peillon penchent en faveur de Valls (#JevoteValls).

En résumé, si l’on regarde la majorité des indicateurs (top tweets, engagement, plus grosse communauté, slogan le plus clamé, etc.), il n’y a que peu de doute : Hamon l’emporte. Même constat pour les commentateurs belges dont une majorité bruxelloise. Il faut dire qu’Hamon a su trouver des éléments pour rallier ceux-ci à sa cause :

Reste à voir si cet activisme numérique se concrétisera dans les urnes.

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