Vaclav Havel: le cercueil au Château de Prague avant les funérailles nationales

Placé à l'intérieur d'un corbillard orné de deux couronnes de fleurs, le cercueil en bois clair était suivi par la veuve de Vaclav Havel, Dagmar Havlova, par d'autres membres de la famille dont le frère Ivan Havel et de nombreux amis.

Dagmar Havlova a personnellement invité les Tchèques à se joindre au cortège à travers le centre de Prague, pour rendre un hommage silencieux à l'icône de la "Révolution de velours" anticommuniste de 1989.

Environ dix milles personnes l'ont rejoint, selon les estimations de la police. Durant son parcours, les gens mettaient des fleurs sur la voiture et des applaudissement spontanés retentissaient pour rendre hommage au héros de la lutte du peuple tchèque pour sa liberté.

"Merci Vaclav", pouvait-on lire sur une banderole placée par des Pragois sur la façade de l'église Saint-Sauveur, où une messe de requiem a été célébrée mardi soir, à la mémoire de Vaclav Havel.

"Il était un pilier moral incontestable de cet Etat", a dit à l'AFP Lenka Cechova, une Pragoise de 28 ans.

Le cortège est d'abord arrivé dans la caserne des gardes du Château, où le cercueil, recouvert d'un drapeau national bleu-rouge-blanc, a été posé sur un affût de canon tiré par six chevaux noirs.

C'est sur ce même affût de canon qu'avait été transportée la dépouille du premier président de la Tchécoslovaquie en 1918-1935, Tomas Garrigue Masaryk, lors de ses obsèques à Prague en septembre 1937.

Le cortège s'est ensuite dirigé vers le Château, siège officiel de la présidence, où le cercueil doit être exposé à partir de 13 heures (12h00 GMT) dans la salle Vladislas du Palais royal, chef-d'oeuvre du gothique tardif et théâtre de la première élection de Vaclav Havel à la magistrature suprême, le 29 décembre 1989.

Six cent militaires brandissant des drapeaux historiques ont accompagné le cercueil à son entrée dans le Château.

Cette partie du parcours s'est déroulée en présence des dirigeants tchèques, dont le président Vaclav Klaus et le Premier ministre Petr Necas.

Les anciens se souviennent

Les drapeaux étaient en berne dans tout le pays mercredi, premier jour du deuil national. Décrété lundi par le gouvernement, il durera jusqu'à vendredi, jour des funérailles de l'artisan de la chute du communisme à Prague.

Vendredi sera le jour de deuil aussi en Slovaquie dont Havel fut également le chef de l'Etat avant la partition de la Tchécoslovaquie.

Le sexagénaire Jaroslav Mino est venu pour l'occasion à Prague de la région de Saris, dans l'est de la Slovaquie.

"Vaclav Havel était un homme épris de la vérité, il n'avait pas peur de souffrir pour elle", dit à l'AFP ce physicien nucléaire, vêtu d'un costume national slovaque et portant le drapeau de son pays.

AFP
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