Vaccins anti-coronavirus : "L'Afrique demeure en marge", déplore l'OMS

La lenteur de la vaccination en Afrique s'explique par "des problèmes de pénurie, de financement, un manque de personnel qualifié" selon l'OMS.
La lenteur de la vaccination en Afrique s'explique par "des problèmes de pénurie, de financement, un manque de personnel qualifié" selon l'OMS. - © EBRAHIM HAMID - AFP

L'Afrique demeure "en marge" dans la campagne de vaccination contre le Covid-19, avec seulement "2% des vaccins administrés dans le monde", a déploré jeudi la directrice pour l'Afrique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Matshidiso Moeti, lors d'un point de presse en ligne. Ce continent est cependant moins touché par la pandémie de coronavirus, avec 4,3 millions de cas dont 114.000 morts sur une population de 1,2 milliard d'habitants, selon le dernier décompte de l'OMS-Afrique, contre 2,9 millions de morts à l'échelle mondiale.

La lenteur de la vaccination en Afrique s'explique par "des problèmes de pénurie, de financement, un manque de personnel qualifié", ainsi que des problèmes logistiques, selon Mme Moeti. Elle a notamment souligné l'impact du ralentissement des exportations de vaccins par l'Inde dans le cadre du programme Covax d'accès aux vaccins pour les pays pauvres.

Un renforcement des capacités de distribution

L'acheminement des vaccins jusqu'aux populations se heurte à "des problèmes de transport et de chaîne du froid", et parfois à un "gaspillage" des doses, a relevé pour sa part Mohamed Malick Fall, directeur de l'Unicef (Fonds des Nations Unies pour l'enfance) pour l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe. "La vaccination à travers le programme Covax est en train d'arriver dans tous les pays africains", a cependant assuré M. Fall, plaidant pour "un renforcement des capacités de distribution" et une "meilleure efficacité".

Reconnaissant des "réticences" et des "inquiétudes" en Afrique envers le vaccin AstraZeneca, le plus distribué à travers le programme Covax, mais qui fait l'objet d'une polémique sur ses effets secondaires indésirables, Mme Moeti et M. Fall ont souligné l'importance de lutter contre "les rumeurs et la désinformation".

Ils ont rappelé que les réticences contre le vaccin de la polio par le passé dans certains pays comme le Nigeria, avaient finalement été surmontées.

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