Production de vaccins : Sanofi va aider ses concurrents au conditionnement à partir de juillet

Sanofi va aider Pfizer et BioNTech à produire leur vaccin contre le Covid-19 et devrait conditionner plus de 100 millions de doses destinées à l’Union européenne d’ici fin 2021, a annoncé mardi Paul Hudson, le directeur général du laboratoire français dans une interview accordée au Figaro.


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Sanofi travaille lui-même sur deux vaccins pour lutter contre cette pandémie, mais son principal projet a pris du retard et ne devrait pas arriver sur le marché avant la fin de l’année.

En attendant, le gouvernement français lui avait enjoint à plusieurs reprises ces dernières semaines d’étudier la possibilité de mettre à disposition ses chaînes de fabrication pour augmenter la production de vaccins déjà existants.


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Une première dans l'industrie pharmaceutique

Il s'agit en tout les cas d'une "première" dans le secteur de l'industrie pharmaceutique, a affirmé Olivier Bogillot, patron France du laboratoire sur la radio française RTL mercredi, tout en défendant la stratégie de son groupe. "L'enjeu n'est pas du tout économique mais la capacité de les distribuer le plus vite possible".

M. Bogillot a par ailleurs défendu les choix stratégiques de son laboratoire, vivement critiqué depuis le retard de son principal candidat-vaccin. "Moderna et BioNtech ont fait ce choix-là (de la technologie novatrice de l'ARN messager, NDLR) aussi car c'était la seule technologie qu'ils avaient. Nous, on avait plusieurs options. On a choisi une option qu'on maîtrisait", a-t-il indiqué à propos du vaccin utilisant la technologie de la protéine recombinante qu'il développe avec le britannique GSK.

Mais ce vaccin, qui était initialement annoncé pour l'été 2021, a essuyé un revers après des essais cliniques décevants. Il "va arriver d'ici à la fin de l'année. On s'attend à avoir une très bonne efficacité", a affirmé M. Bogillot.

"On va aussi explorer l'efficacité de ce vaccin sur les variants" du virus, a-t-il précisé. Enfin, le patron de Sanofi France a défendu les suppressions de centaines de postes dans la recherche et développement du groupe, qui ont suscité l'émoi au vu de la lenteur du mastodonte français face à d'autres laboratoires.

Ces suppressions n'ont, selon M. Bogillot, "aucune conséquence sur la branche vaccins. Sanofi a décidé d'aller mettre ses investissements dans les maladies où vous avez les plus grands besoins".

Sujet sur le retard de vaccin chez Sanofi dans notre JT du 11 décembre 2020 :

Annonçant avoir signé un accord mardi, M. Hudson explique dans l'entretien publié sur le site internet du Figaro que Sanofi va utiliser son usine allemande de Francfort pour mettre en flacon le vaccin qui lui sera fourni par ses concurrents à partir de juillet.

"Ce site de production étant situé à proximité du siège de BioNTech (à Mayence, NDLR), cela permettra de faciliter les choses", fait valoir le patron du groupe français.

"Nos équipes travaillent ensemble pour s'assurer que tout est fait dans de bonnes conditions, car c'est une situation beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît", a expliqué M. Hudson. "Les flacons doivent être remplis dans un environnement stérile et à très basse température. Nous allons le faire à très grande échelle, ce qui accélérera les livraisons."

Pression européenne 

La production sera destinée à l'Union européenne et donc en partie à la France, a-t-il ajouté.

Les laboratoires doivent affronter des cadences élevées pour satisfaire la demande et ont pour certains, dont Pfizer et BioNTech, dû faire face à des retards.

Mardi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a encore mis la pression sur les fabricants en affirmant qu'ils devaient "honorer leurs obligations". "L'Europe a investi des milliards pour développer les premiers vaccins et créer un véritable bien commun mondial. Maintenant, les entreprises doivent tenir leurs promesses", a-t-elle soutenu dans une intervention en vidéo au Forum économique mondial de Davos.


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Concernant ses propres projets, Paul Hudson assure que celui à protéines recombinantes, une technologie que Sanofi utilise pour son vaccin contre la grippe, "avance bien", malgré quelques mois de retard, et devrait arriver sur le marché au dernier trimestre de 2021.

La laboratoire développe également un vaccin fondé sur la technologie de l'ARN messager, utilisée notamment par Pfizer et BioNTech, en partenariat avec une biotech américaine. "Nous pensons pouvoir entrer en phase clinique avec un vaccin ARN contre le Covid dès le premier trimestre de cette année", a espéré Paul Hudson.

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