Vacances en Arabie Saoudite: quand Ryad s'ouvre aux touristes

Ils sont cinq. Cinq Polonais à visiter le centre historique de Ryad, conscients de figurer parmi les premiers étrangers à profiter de l’ouverture aux touristes du royaume ultraconservateur d’Arabie saoudite.

A l’intérieur d’un château en pisé du XIXe siècle, leur guide en robe blanche et keffieh à carreaux leur explique les vieilles règles de l’hospitalité arabe.

"Avant notre arrivée ici, je m’inquiétais de ce que je pouvais porter, car je connaissais les codes vestimentaires et certaines réglementations, alors je me demandais ce que je devrais porter tous les jours. Mais ce fut une surprise très positive pour nous. Je suis conscient que nous devons respecter certains codes vestimentaires et règlements, comme dans de nombreux pays. Par exemple, au début, nous avions peur de notre comportement, mais maintenant nous nous sommes retrouvés dans un pays normal.", confie Sophia, lunettes de soleil et longue robe laissant apparaître les avant-bras.

"C’est normal, il faut tenir compte des traditions de chaque pays", dit son mari Andrzej, médecin aux boucles grises et en t-shirt orange.

Yareg, guide touristique polonais confirme. "Nous sommes très intéressés de voir comment les gens vivent ici. Nous aimerions parler avec les gens, les rencontrer et apprendre comment ils se comportent. Par exemple, nous avons été impressionnés hier (à notre arrivée à Ryad, ndlr.) et nous avons demandé si c’était un problème si nos filles étaient habillées tel qu’elles l’étaient (ne portant pas d’abaya), leur réponse a été que ce n’en était pas un."

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Vacances en Arabie Saoudite: quand Ryad s’ouvre aux touristes © Tous droits réservés

Visas touristiques

Ryad a décidé en septembre d’octroyer des visas touristiques alors que jusqu’ici seuls les hommes d’affaires et les pèlerins se rendant dans les villes saintes de La Mecque et Médine étaient autorisés.

Le guide Methaab Abdallah, propriétaire d’une agence de voyages, se réjouit de la décision visant à attirer les touristes et tente de s’y adapter.

"Les autorités vont bien plus vite que nous et avec des moyens supérieurs aux nôtres. Nous devons nous adapter à ce changement rapide. En tant qu’agences de voyages, nous sommes dépendants de ressources humaines, de la formation des guides…", explique-t-il.

Le développement du tourisme est l’un des axes du programme de réformes visant à préparer la plus grande économie arabe, dépendante de l’or noir, à une ère post-pétrolière.

Les campagnes de promotion font la part belle aux sites antiques et aux paysages pittoresques. Mais les autorités comptent également sur les grandes villes comme Ryad ou Jeddah (ouest) via un investissement massif dans le divertissement.

La capitale de huit millions d’habitants semble pourtant inerte, en dépit de l’ouverture le 11 octobre de sa saison culturelle, inaugurée par un concert inédit du groupe de pop coréen au succès planétaire BTS.

Avec ses larges trottoirs et ses commerces cossus, la rue Al-Tahlia dans le centre de Ryad est souvent comparée aux Champs-Elysées mais semble loin de l’agitation parisienne. Seules quelques familles ou groupes d’amis sont attablés sur les terrasses de restaurants.

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Importance économique

"Nous sommes pour le tourisme mais les étrangers doivent respecter nos traditions et nos coutumes", insiste d’un ton ferme un passant. Chez les jeunes, les attentes sont souvent différentes.

"Ne me parlez pas de Ryad, je reviens tout juste d’un week-end à Dubaï !", lance dans un rire un jeune commercial de 27 ans qui a préféré garder l’anonymat.

"Quand on a des jours de vacances, on va à Dubaï. Pourquoi les étrangers viendraient-ils ici ?", s’interroge son ami.

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