USA: une femme peut en cacher une autre dans la démission de D. Petraeus

Le général Petraeus
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Le général Petraeus - © Saul LOEB (AFP)

Des responsables du FBI et de la CIA doivent faire le point mardi au Congrès sur l'enquête sur l'affaire d'adultère qui a entraîné la démission surprise du patron de la CIA David Petraeus, selon les médias américains.

Cette démission fracassante a fait suite à une série de courriels "menaçants" adressés par la maîtresse du général Petraeus, à une seconde femme qu'elle aurait considérée comme une rivale.

La journée de lundi étant fériée aux Etats-Unis, les auditions des hauts responsables de la police fédérale et de l'agence de renseignement n'auront pas lieu avant mardi, selon les médias.

Elles interviendront alors que la classe politique américaine continue de son côté à demander des explications sur le calendrier de l'enquête, ses répercussions ou d'éventuelles atteintes à la sécurité nationale derrière une affaire d'adultère. "Il n'y a eu aucune atteinte à la sécurité nationale. A ce jour, il n'y en a pas eu", a affirmé dimanche sur Fox News la présidente de la commission du renseignement du Sénat américain, la démocrate Dianne Feinstein.

David Petraeus, en poste depuis à peine plus d'un an à la tête de l'agence de renseignements, a annoncé vendredi avoir présenté jeudi sa démission au président Barack Obama, qui l'a acceptée le lendemain.

"Après plus de 37 ans de mariage, j'ai fait preuve d'un énorme manque de jugement en m'engageant dans une relation extraconjugale. Un tel comportement est inacceptable à la fois comme mari et comme dirigeant d'une organisation comme la nôtre", avait-il expliqué dans un message aux employés de l'agence.

Qui est la cause du délit?

La presse américaine a rapidement découvert que la maîtresse de David Petraeus était Paula Broadwell, qui a eu 40 ans vendredi. Cette ancienne militaire a passé un an en Afghanistan pour écrire une biographie du général: "All In: The Education of General Petraeus" (non traduit).

Le FBI a découvert la liaison, aujourd'hui terminée, en enquêtant sur des emails "menaçants" de Paula Broadwell adressés à une autre femme qui, effrayée, a demandé la protection du FBI, selon les médias. Cette dernière, a affirmé dimanche l'agence AP, se nomme Jill Kelley. Elle a 37 ans, habite Tampa, en Floride, et serait une amie de longue date du général. Elle n'avait aucun statut particulier au sein de l'armée et travaillait comme "agent de liaison sociale" avec une base aérienne en Floride, selon l'agence américaine.

L'enquête est ensuite remontée jusqu'à David Petraeus, qui aurait été interrogé par le FBI "il y a deux semaines", selon des responsables policiers au Washington Post.

Des courriels menaçants

Selon le New York Post citant un responsable gouvernemental, les courriels comprenaient des phrases comme: "Je sais ce que tu as fait, va-t-en, éloigne-toi de mon mec". Paula Broadwell, mariée à un médecin radiologue, vit à Charlotte (Caroline du nord) et a deux jeunes fils.

Le New York Times avait auparavant indiqué que les deux femmes avaient semblé "rivaliser pour la reconnaissance (de David Petraeus), si ce n'est son affection". Selon le Washington Post, Paula "ressentait l'existence de cette femme comme une menace à sa relation avec Petraeus". Jill Kelley a expliqué dimanche que sa famille et celle du général Petraeus étaient amies depuis cinq ans. "Nous respectons sa vie privée et celle de sa famille, et nous voulons la même chose pour nous-mêmes et nos trois enfants", a-t-elle déclaré dans un communiqué transmis à la chaîne ABC.

Selon un proche de David Petraeus cité par ABC News, la relation entre le général et Jill Kelley est purement "amicale".

Mais outre l'affaire d'adultère, la classe politique s'interrogeait sur l'enquête.

Peter King, haut responsable républicain de la commission de la sécurité nationale à la Chambre des représentants, a affirmé sur CNN "se poser des questions sur toute l'affaire, sur comment ces emails sont parvenus au FBI, comment le FBI a enquêté si longtemps, alors que le général Petraeus était impliqué. Le FBI aurait dû en parler au président, et maintenant il semble qu'en fait le FBI n'a réalisé que le jour de l'élection que le général était impliqué".

A l'inverse, pour Robert Menendez, sénateur démocrate du New Jersey (est), "la chaîne des événements est claire". "A moins que l'on apprenne autre chose, je ne vois absolument pas de conspiration derrière chaque porte", a-t-il dit.

Pour Dianne Feinstein, il n'y a "absolument pas" de lien entre la démission du patron de la CIA et l'attaque contre le consulat américain le 11 septembre à Benghazi (Libye). L'ancien directeur de la CIA devait être entendu jeudi par des parlementaires sur le dossier mais a depuis été remplacé par Mike Morrell, qui assure l'intérim. La sénatrice a néanmoins indiqué que David Petraeus "pourrait bien" être appelé à témoigner.

La gestion de cette attaque par l'administration Obama ne cesse depuis de faire polémique.

AFP

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