USA : sur Facebook des policiers aux frontières se moquent des migrants

Centre de détention à Port Isabel, dans le sud ouest du Texas, aux États-Unis.
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Centre de détention à Port Isabel, dans le sud ouest du Texas, aux États-Unis. - © JOSE CABEZAS - AFP

"Vous avez déjà vu des corps flottants aussi propres ?", s'interroge un internaute sur une page Facebook, en guise de commentaire qui accompagne la photo des corps d'un migrant et de sa fille en bas âge retrouvés la semaine dernière gisant au bord du Rio Grande. Le cliché a provoqué l'émoi et la colère au Mexique et aux États-Unis.

L’internaute qui met en doute l’authenticité de la photo n’est autre qu’un membre de la police américaine aux frontières. Et il s’exprime sur une page Facebook qui a été créée en 2016 par un groupe ‘secret’ et qui compte près de 9500 membres, soit la moitié des effectifs actuels du Customs and Border Protection (CBP), chargés de surveiller les frontières américaines.

Selon ProPublica, le site d'informations indépendant qui a révélé l’affaire, tout y passe : moqueries sur les migrants, insultes sexistes et menaces contre des élus du Congrès…

"S'il meurt, il meurt", réagit ainsi un membre après le décès en mai d'un migrant de 16 ans dans un centre de détention au Texas.

Un autre propose de lancer un appel aux dons en faveur du douanier qui sera "assez courageux" pour lancer un burrito sur les élues démocrates Alexandria Ocasio-Cortez et Veronica Escobar, lors de leur visite prévue ce lundi dans le centre du CBP à Clint (Texas).

Ces centres, qui ont été récemment la cible d'une polémique sur les conditions de détention des migrants, ont été comparés à des "camps de concentration" par Alexandria Ocasio-Cortez.

Les méthodes de la police aux frontières sont décriées depuis les arrivées massives de migrants illégaux à la frontière avec le Mexique, qui ont saturé les structures de détention.

Baptisé "Je suis 10-15" du nom de code qui signifie "étrangers en détention", le groupe se décrit comme un forum "marrant" et "sérieux" permettant aux douaniers, anciens ou actuels, de discuter "seulement" de leur travail.

L’agence fédérale de surveillance des frontières lance une enquête

La patronne du CBP, Carla Provost, a dénoncé des messages "complètement inappropriés" et "contraires à l'honneur et à l'éthique" des agents.

"Lorsque vous additionnez : - 9 500 officiers du CBP, actuels et anciens, font partie d'un groupe secret sur Facebook, violemment raciste et sexiste - Corroborant les comptes rendus sur des abus - Le CBP est incapable de contrôler ses propres officiers vis-à-vis du Congrès. Comment appelez-vous cela sinon une agence de voyous ?", a dénoncé Alexandria Ocasio-Cortez sur Twitter.

Quant à l'agence fédérale de surveillance des frontières, elle a annoncé qu'elle avait lancé une enquête sur ce groupe.

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