USA : qui est Muriel Bowser, la mairesse qui tient tête à Donald Trump juste sous ses fenêtres ?

Muriel Bowser est la mairesse de Washington DC depuis 2015. C’est la deuxième femme à occuper ce poste et la première à avoir été réélue. Ce jeudi, elle a donné l’ordre de changer le nom de la 16e rue, axe central qui mène directement à la Maison Blanche, la résidence de Donald Trump.

Elle s’appelle désormais la rue "BlackLivesMatter". Et pour l’occasion, elle a fait peindre au sol, en jaune et en lettre capitale le slogan. La rue "BlackLivesMatter" est désormais sur la carte, sous le nez de Donald Trump. Qui est cette femme politique qui tient tête au président américain ?

Démocrate par nature

Muriel Bowser est née à Washington DC. Elle est la dernière d’une famille de six enfants et c’est grâce à des bourses qu’elle finance ses études en politique publique à l’Université américaine.

Cette Afro-américaine ne vient pas du sérail ou d’une famille fortunée. Mais grâce à son parcours académique, Muriel Bowser se hisse au conseil du District de Colombia et prend finalement la tête de la mairie de la Capitale américaine en 2015, réélue en 2018.

A 46 ans, elle a les idéaux démocrates chevillés au corps. En effet, elle s’engage dans le développement durable, en faveur d’une politique de logement abordable pour les habitants. D’ailleurs, dans son premier budget, elle consacre 100 millions de dollars à la construction de logements abordables, indique l’observatoire international des maires.

Son autre cheval de bataille c’est l’accès à l’éducation. Battante, elle obtient des résultats concrets puisque Washington DC a "réalisé les gains les plus importants et les plus rapides au pays quant à l’amélioration des résultats scolaires de la région urbaine du district", indique l’observatoire.

Néanmoins, ces derniers temps elle essuie des critiques, notamment à cause d’une importante gentrification de la ville et d’une augmentation des inégalités et des crimes, écrit le New York Times.

Opposante à Donald Trump tout en "cool attitude"

Le moins que l’on puisse dire c’est que le torchon brûle entre l’occupant de la Maison Blanche, Donald Trump, et la mairesse de Washington DC, Muriel Bowser.

Alors que des manifestations éclatent dans tout le pays à la suite de la mort de George Floyd, avec son fameux "la loi et l’ordre", Donald Trump veut faire intervenir la garde nationale (l’armée), pour débouter la révolte.


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Si les forces de police sont extrêmement localisées aux USA, le recours à l’armée revient au commandant en chef, Donald Trump.

Le président va d’ailleurs faire évacuer manu militari l’ensemble des manifestants qui se rapprochaient de la Maison Blanche, pour ensuite s’y promener seul et avec la Bible devant l’Eglise Saint-John.

Une façon d’affirmer son ton martial et de montrer que ce sont les forces du gouvernement fédéral qui ont la main. Utiliser l’armée contre sa propre population, c’est une décision qui suscite de vives réactions sur la scène politique américaine.

Muriel Bowser ne fait pas exception. Alors qu’un couvre-feu est décidé, la mairesse ne cesse d’interpeller le président sur le fait que les manifestations sont pacifistes et que la ville peut se charger de sa propre sécurité. L’accusant même d’accroître l’insécurité dans la ville.

Elle d’ailleurs décidé d’arrêter de payer pour l’hôtel qu’occupent les forces de la garde nationale, indique le New York Times. Ce qui a eu le don d’enrager le principal citoyen de Washington DC qui a répliqué sur Twitter : "La mairesse Muriel Browser est profondément incompétente et n’est pas qualifiée pour diriger une ville aussi importante que Washington DC. Si les hommes et femmes incroyables de la garde nationale n’avaient pas agi, elle n’aurait pas eu l’air mieux que son homologue de Minneapolis ".

C’est l’hôpital qui se fout de la charité

La "cool attitude", c’est un peu la méthode Muriel Browser. 

Quand le président des Etats-Unis la traite d’incompétente, elle répond simplement: "C'est l’hôpital qui se fout de la charité".

La rue BlackLivesMatter, c’est son dernier fait d’armes. Alors qu’elle s’attend à une importante manifestation ce samedi, Muriel Browser a donné l’ordre de rebaptiser la 16e rue, qui mène tout droit à la maison blanche, la rue "BlackLivesMatter". C’est en lettre capitale jaune que la rue a été rebaptisée et un nouveau panneau de signalisation indique désormais "Black Lives Matter Plaza".

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