USA : premier décès d'un migrant en détention du Covid-19, 705 cas dans les centres de migrants

Respecter les règles de distanciation est impossible.
Respecter les règles de distanciation est impossible. - © PAUL RATJE - AFP

La police de l’immigration américaine a fait état ce jeudi du premier décès d’un migrant sans-papiers des suites du Covid-19 dans l’un de ses centres de détention, qualifiés de "pièges mortels" par des militants des droits humains.

"Un détenu du centre de détention d’Otay Mesa, âgé de 57 ans, qui était hospitalisé depuis la fin avril, est mort hier matin de complications liées au Covid-19", a déclaré à l’AFP Sarah Sweeney, porte-parole de l’agence sanitaire du comté de San Diego, en Californie, où ce centre de détention est situé.

705 cas recensés

C’est le premier décès lié au nouveau coronavirus connu à ce jour dans les centres de détention pour migrants aux Etats-Unis, où 705 cas sont officiellement recensés, dont 132 pour le seul centre d’Otay Mesa, géré par un opérateur privé sous contrat.

"Otay Mesa détient le plus grand nombre de cas de Covid-19 parmi tous les centres de détention de la police de l’immigration du pays", souligne l’ACLU, puissante organisation de défense des droits humains.


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"Les migrants qui y sont détenus l’ont surnommé le 'piège mortel' en raison de l’absence de mesures de précaution prises par le personnel", affirme l’ACLU.

Les mesures de confinement impossibles à respecter

Respecter les règles de distanciation physique est quasiment impossible dans ces centres, où la surface disponible est de seulement 110 m2 pour 100 détenus, d’après des témoignages de migrants recueillis par l’AFP.


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Saisi par l’ACLU, un juge fédéral a ordonné la semaine dernière la remise en liberté immédiate des détenus les plus vulnérables dans ces centres. Selon l’organisation, la police de l’immigration (ICE) avait identifié 130 personnes répondant à ces critères mais n’en a libéré que deux.

Sollicitée par l’AFP, la police de l’immigration n’avait pas réagi jeudi à la mi-journée.

Des migrants bloqués

Le 7 mai dernier, le chef de l'agence des Nations Unies pour les migrations tirait la sonnette d'alarme.

"Il y a des milliers de migrants bloqués dans le monde; en Asie du Sud-Est, en Afrique de l'Est, en Amérique latine, à cause de la fermeture des frontières et avec les restrictions de voyage, beaucoup de migrants qui se déplaçaient; certains d'entre eux voulaient rentrer précisément à cause de la pandémie ", a déclaré António Vitorino.

Il a ajouté: "Ils sont bloqués, certains en grands groupes, certains en petits groupes, dans les zones frontalières, dans des conditions très difficiles, sans accès à des soins minimaux, notamment un dépistage médical. Et cela nous préoccupe énormément, et nous avons demandé aux gouvernements de permettre aux travailleurs humanitaires et aux agents de santé d'avoir accès à ces grands groupes de migrants bloqués. "

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