USA: les républicains s'en prennent aux syndicats, pour atteindre Barack Obama

Barack Obama le 3 février 2011 à Washington DC
Barack Obama le 3 février 2011 à Washington DC - © Barack Obama le 3 février 2011 à Washington DC

Les adversaires républicains du président Barack Obama, regonflés par leurs victoires électorales en 2010, s'en prennent aux syndicats, alliés traditionnels des démocrates, avec en ligne de mire les élections de 2012 et la reconquête de la Maison Blanche.

Dans un face à face tendu avec les syndicats dans plusieurs Etats, les parlements à majorité républicaine ont entrepris ces derniers jours, au nom de la réduction des dépenses publiques, de réviser les droits des fonctionnaires.

Tout a commencé dans le Wisconsin (nord) où le nouveau gouverneur, Scott Walker, a présenté à la nouvelle législature, elle aussi républicaine, un projet de loi visant à limiter drastiquement les droits des employés de l'Etat en matière de négociation collective.

Les républicains cherchent à "détruire les derniers vestiges du syndicalisme dans le Midwest", a estimé Jeffrey Keefe, professeur d'économie à l'Université Rutgers. "Ils veulent établir une majorité permanente en détruisant les syndicats", a-t-il dit à l'AFP.

Les conservateurs ont déjà réussi à empêcher les fonctionnaires de se constituer en syndicats dans 12 Etats.

Quelque 22 Etats ont déjà entamé l'influence des syndicats à travers des lois permettant aux travailleurs de bénéficier d'avantages sociaux sans avoir à adhérer aux organisations syndicales.

Les syndicats représentent traditionnellement la principale source de financement et de soutien politique du parti démocrate.

L'offensive contre les syndicats fait partie d'un ensemble d'actions pour tendre à une "majorité permanente" républicaine, a également estimé Marjorie Hershey, professeur de sciences politiques à l'Université de l'Indiana.

Début 2010, les conservateurs avaient remporté une grande victoire devant la Cour suprême qui a permis un financement illimité par les grandes compagnies des campagnes électorales.

La décision avait ouvert les vannes à des sources de financement qui ont bénéficié aux républicains lors des élections législatives de novembre 2010.

"Si les syndicats sont maintenant hors jeu, cela pèse dans la balance fortement en faveur des intérêts des républicains pour 2012", a indiqué John Brehm, professeur de sciences politiques à l'Université de Chicago.

D'importantes manifestations ont suivi la semaine dernière à Madison, capitale du Wisconsin, pour défendre les droits des fonctionnaires, rassemblant jusqu'à 65.000 personnes samedi.

Le gouverneur Walker a pourtant assuré qu'il ne s'agit "absolument pas" de démanteler les syndicats, mais de faire des économies budgétaires.

Le mouvement s'est étendu à l'Ohio, l'Iowa (centre) et l'Indiana (nord). Les élus démocrates minoritaires tentent de s'opposer aux projets des républicains loi en pratiquant une politique d'obstruction.

Les syndicats, en perte d'influence aux Etats-Unis, se sont lancés dans la bataille, même s'ils ne représentent plus que 12% de l'ensemble des salariés.

Les fonctionnaires des Etats représentent plus de la moitié des syndiqués.

Malgré la nécessité d'équilibrer les budgets des Etats, les mesures proposées par les républicains rencontrent une forte opposition. Selon un sondage Gallup de mercredi, 61% des Américains sont contre tout projet de loi qui supprimerait les droits des employés en matière de négociation collective.

Selon le Centre pour les priorités budgétaires et politiques, 44 des 50 Etats américains s'attendent à des déficits pour l'exercice 2012, pour un total de 125 milliards de dollars.

Les adversaires républicains du président Barack Obama, regonflés par leurs victoires électorales en 2010, s'en prennent aux syndicats, alliés traditionnels des démocrates, avec en ligne de mire les élections de 2012 et la reconquête de la Maison Blanche.


AFP
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