USA: l’avenir de l’industrie auto se joue cette semaine

RTBF
RTBF - © RTBF

L'avenir des 3 constructeurs automobiles américains pourrait se jouer cette semaine avec la reprise de la session du Congrès et devrait dépendre pour beaucoup de la capacité des Parlementaires américains à s'entendre sur l'aide à leur accorder

Les premiers signes ne sont cependant guère encourageants pour General Motors (GM), Ford et Chrysler, les Républicains ne montrant aucune envie de se rallier aux propositions de la majorité démocrate qui doit encore compter avec le droit de veto dont dispose le Président sortant George Bush.

Les membres du Congrès se retrouvent en session lundi pour un peu plus de deux mois, jusqu'à l'investiture du président élu Barack Obama, prévue pour le 20 janvier. Ce dernier s'est prononcé dimanche pour un plan de sauvetage. "Une faillite de l'industrie automobile serait une catastrophe", a-t-il observé sur la chaîne de télévision CBS. Interrogé sur le cas de GM, il a souligné que les Etats-Unis traversent "une situation exceptionnelle". "Le robinet (du crédit) pourrait être totalement fermé" et "un dépôt de bilan ne permettrait pas à GM de repartir d'un bon pied", a-t-il prédit. "Il faut aider l'industrie automobile mais ce ne doit pas être un chèque en blanc", a plaidé le futur Président, estimant que l'aide de l'Etat devait être soumise à l'adoption d'un plan à long terme engageant à la fois les salariés, les Directions des entreprises concernées, les fournisseurs et les banques.

A défaut de faire accepter au Président Bush un nouveau plan de relance budgétaire pour lutter contre la crise, l'état-major des parlementaires démocrates a annoncé son intention de se battre pour obtenir une aide de 25 milliards supplémentaires pour les trois grands de Detroit.

Le Congrès a accordé en septembre des prêts de 25 milliards de dollars aux constructeurs pour aider le secteur à réorienter sa production vers des modèles plus écologiques mais les fonds n'ont pas encore été débloqués et GM, Ford et Chrysler demandent désormais 25 milliards supplémentaires pour renflouer leurs caisses.

La crise financière a eu un double effet négatif sur les constructeurs en faisant chuter leurs ventes et en compliquant leur accès au crédit. Le PDG de General Motors, Rick Wagoner, a déjà prévenu que son groupe, au bord du dépôt de bilan, avait besoin de l'aide financière des autorités fédérales sans attendre la prise de fonction de Barack Obama.

La situation de Ford et de Chrysler n'est guère plus enviable. Les dirigeants des trois groupes sont attendus au Congrès mardi pour plaider leur cause. Ils devraient être rejoints par le président du premier syndicat du secteur, United Auto Workers (UAW), Ron Gettelfinger. Signe de la gravité de l'heure, celui-ci a apporté dimanche un soutien exceptionnel aux dirigeants des trois groupes, naguère honnis par son syndicat.

Les Républicains se refusent de leur côté à ouvrir le portefeuille de l'Etat. "General Motors a fonctionné sur un mauvais modèle, a eu une mauvaise direction et aucun schéma d'innovation. Maintenant on parle d'injecter 25 milliards, et encore 25 milliards. Qui sait quand cela s'arrêtera ? " a déclaré le sénateur Richard Shelby.

Les Démocrates mettent en avant le nombre d'emplois en jeu: 350.000 emplois directs mais trois à cinq millions indirectement, selon le sénateur Byron Dorgan. Les démocrates souhaiteraient utiliser une partie des 700 milliards de dollars débloqués pour sauver le système financier mais la Maison Blanche a redit samedi qu'il n'en était pas question. Elle a néanmoins laissé une porte ouverte en déclarant vouloir voir le Congrès adopter dans la semaine une loi pour "aider les constructeurs automobiles à devenir viables à long terme". 

General Motors vend sa participation dans Suzuki pour se renflouer

 Le géant automobile américain en difficulté General Motors (GM) va vendre pour 180 millions d'euros sa participation de 3,2% dans le japonais Suzuki Motor afin de renflouer sa trésorerie mal en point. C'est ce qu' a annoncé lundi le groupe nippon, qui va racheter toutes les actions. Cette transaction, qui concerne 16,413 millions d'actions, se déroulera marquera la sortie totale de GM du capital du groupe japonais.    

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK