USA: à Myrtle Beach, les évacués sont sur leurs gardes à l'approche de la tempête Florence

Quand l'ouragan Florence a baissé d'intensité, une cinquantaine de personnes ont quitté leur refuge près de Myrtle Beach, en Caroline du Sud. Mais pour Avair Vereen, ils ont pris la mauvaise décision: rentrer chez soi, c'est faire face à la tourmente "à ses risques et périls".

Les autorités ont en effet averti les habitants: ceux qui désobéissent à l'ordre d'évacuer ne pourront blâmer qu'eux-mêmes, car les secours ne pourront pas leur venir en aide pendant l'ouragan et les inondations qu'il risque fort de provoquer.

"Ça fait peur. Quand quelqu'un vous dit ça, c'est le signe qu'il faut partir. Il n'y a rien (de plus terrifiant) que d'être dans la rue tout en sachant que personne ne viendra" vous aider, dit à l'AFP Avair Vereen, une infirmière assistante de 39 ans, installée sur une couverture avec son bébé de huit mois sur les cuisses dans le lycée Conway, transformé en refuge.

L'établissement, qui peut accueillir plus de 1.200 personnes, en abrite en ce moment près de 400. Une cinquantaine de personnes évacuées ont décidé de partir jeudi matin, l'ouragan ayant été rétrogradé en catégorie 2 sur l'échelle Saffir-Simpson, qui en compte cinq.

Mais "nous recommandons aux gens de rester ici. Rentrer est dangereux", dit à l'AFP Rebecca Torriani, une porte-parole de la Croix-Rouge se trouvant dans l'abri.

Avair Vereen l'a prise au mot. Car en plus de son bébé, elle vit avec ses six autres enfants dans un mobil-home installé dans un champ battu aux quatre vents.

L'ouragan Florence "peut encore monter en intensité", craint-elle.

Inondations "meurtrières"

Non loin d'elle, lui aussi assis par terre sur une couverture, Tony Winborne renchérit.

Florence "ne sera peut-être pas si terrible, mais mieux vaut prévenir que guérir", dit ce couturier de 37 ans.

Les services météo et l'agence de gestion des situations d'urgence Fema demandent à la population de "ne pas baisser la garde", car Florence va sûrement provoquer des pluies torrentielles et une montée des eaux de près de trois mètres dans une zone déjà encline aux inondations.

"Les prévisions sur la montée (des eaux) n'ont pas changé", a averti le chef de la Fema, Brock Long.

"Ce n'est pas un problème seulement pour la côte (...), les inondations à l'intérieur des terres sont très meurtrières et c'est ce qui va arriver", a-t-il martelé en conférence de presse.

Pourtant, plusieurs résidents de Myrtle Beach rappellent fièrement avoir traversé d'autres ouragans, et se disent convaincus qu'ils supporteront celui-ci sans problème.

"Si c'était (un ouragan) de catégorie 4 et si on était frappés directement, nous ne serions pas là", lâche Adam Williams, 38 ans, en regardant son fils de 17 ans surfer sur les premières grandes vagues amenées par la tempête sur la plage de North Myrtle Beach.

"Mais ça va aller", assure-t-il.

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