Union européenne – Vietnam : les enjeux de l'accord commercial

S'il est voté, l'accord commercial UE-Vietnam supprimera 99% des droits de douanes
S'il est voté, l'accord commercial UE-Vietnam supprimera 99% des droits de douanes - © NHAC NGUYEN - AFP

Le vote du Parement européen aura lieu demain. Il devrait obtenir le feu vert d’une majorité d’eurodéputés, mais dans certains groupes politiques, les discussions ont été assez douloureuses. Voici pourquoi.

Commerce et démocratie

Ce qui est sur la table est important : supprimer 99% des droits de douane entre les pays de l’UE et le Vietnam. Mais aussi ouvrir les marchés des services et les marchés publics vietnamiens aux entreprises européennes. On comprend rapidement que ceux qui sont pour mettent en avant l' accord le plus ambitieux jamais conclu par l’Union avec un pays émergent. Les bénéfices économiques engendrés devraient être imposants.

Pour le Parti populaire européen, le PPE (chrétiens-démocrates), cet accord prouverait que l’Union est capable d’imposer ses standards démocratiques grâce à ces négociations commerciales. Droits des travailleurs et création de syndicats indépendants par exemple sont mis en avant comme arguments pour prouver que cet accord va dans la bonne direction. Un point de vue partagé par les libéraux centristes du groupe Renew Europe qui estime que sortir les gens de la pauvreté, leur accorder droits et protections est fondamental même si le Vietnam restera un pays communiste éloigné des valeurs démocratiques.

Normes sociales et environnementales non contraignantes

Cette absence de démocratie au sein des autorités vietnamiennes est bien ce qui pose problème à une partie des eurodéputés. Dans le groupe des Verts par exemple ou l’on estime que la situation du Vietnam, bien loin de s’améliorer, se détériore, concernant les droits de l’homme notamment. Sans compter que l’accord ne serait pas assez exigeant au niveau des normes requises par rapport à l’environnement ou aux lois sociales. Le groupe socialiste est divisé sur la question.

"Aujourd’hui déjà, on a des vêtements, des chaussures, des smartphones ou des tablettes qui viennent de ce pays d’Asie. Je veux qu’il y ait des règles, qu’ils respectent les normes, notamment sur les produits chimiques, les droits des travailleurs", a dit Bernd Lange, un député socialiste allemand qui préside la commission du commerce international.

Se reliant à ce genre d’arguments, une majorité devrait voter en faveur de l’accord mais certains n’en démordent pas. Comme Marie Arena, députée socialiste belge qui préside la sous-commission droits de l’homme. "Les sept années de négociation de l’accord ont prouvé que le Vietnam n’est pas prêt à faire des efforts en matière de droits humains, au contraire la situation a même empiré", a-t-elle affirmé. Un débat qui pourrait rejaillir en Wallonie, lorsqu’il faudra ratifier l’accord de protection des investissements et où une entente entre PS-Ecolo et le PTB pourrait bloquer la situation.

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