Union européenne: un "registre de la transparence" pour les lobbies

Drapeau européen
Drapeau européen - © RAINER JENSEN (EPA)

Il y a un mois des journalistes s'étaient fait passer pour des lobbyistes et ils avaient proposé de l'argent à une série de députés européens afin qu'ils présentent des modifications à la législation. Trois parlementaires avaient accepté. Cela s'est su, et les trois brebis galeuses ont été poussées à la démission.

L'affaire a été révélée mais le problème reste, sur le fond. Un groupe de travail a commencé à s'intéresser à la réglementation de ces groupes de pression et, en attendant, Commission et Parlement ont décidé d'échanger leurs informations.

Il y aura désormais un seul registre d'inscription pour les lobbyistes et pour les groupes d'intérêt en général. Aujourd'hui, chaque institution a son propre registre, chaque lobby est libre de s'y inscrire ou pas. Au Parlement, ils sont ainsi près de 1800 groupes inscrits, beaucoup de grandes entreprises, mais aussi des régions européennes ou des radios privées ou publiques par exemple.

La Commission et le Parlement ont décidé aujourd'hui qu'ils feraient registre commun, un document qui s'appellera désormais "registre de la transparence", histoire de pousser toutes les organisations, églises, centres de réflexion à s'y inscrire. Car l'inscription reste volontaire, même si de nombreux députés aimeraient imposer l'inscription obligatoire. Ceci dit, tous ceux qui voudront avoir une carte d'accès permanente à la Commission ou au Parlement devront s'inscrire dans ce registre. Bien entendu rien ne les empêchera de prendre un rendez-vous ponctuel avec un député sans devoir s'inscrire dans le registre mais pour circuler plus librement dans les bâtiments, il leur faudra s'inscrire. L'idée des Européens c'est aussi d'imposer que chaque député qui prépare un dossier, chaque rapporteur donc, devra mettre par écrit la liste des gens qu'il a rencontrés durant son travail.

Les lobbyistes, les députés, les fonctionnaires n'ont pas besoin des locaux européens pour se rencontrer mais ce système devrait permettre à chacun de savoir à qui il parle. Certains députés affirment aujourd'hui ne rencontrer que les représentants inscrits.

 

Anne Blanpain

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