Union Européenne - Chine : un sommet virtuel pour tenter de faire comprendre que l'ouverture, ça va dans les deux sens

Rencontre virtuelle cet après-midi entre dirigeants chinois et européens. Au menu des discussions : le climat, la pandémie de Covid-19 mais aussi et surtout les relations commerciales. Les participants souhaitent faire avancer l’accord sur les investissements en négociation depuis 7 ans déjà.

Les 27 et leurs homologues chinois devaient se rencontrer à Leipzig en Allemagne. Coronavirus oblige, la rencontre se fera du coup en visioconférence et en format réduit.

Derrière leur écran : le président chinois Xi Jinping, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le chef du conseil européen Charles Michel et la chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays assure actuellement la présidence de l’Union.

Coopérer avec fermeté

En froid avec les Etats-Unis, fragilisé par sa gestion mensongère de la pandémie de coronavirus, Pékin veut réchauffer ses relations avec l’UE. La tâche n’est pas simple : en quelques mois, la Chine est passée du statut de puissance alliée à celui d’hyperpuissance nationaliste qui n’a que ses intérêts en vue.

Les 27 vont donc adopter une nouvelle ligne de conduite : moins de souplesse, plus de fermeté dans la défense de leurs intérêts. Ils chercheront du coup à obtenir de substantielles avancées sur les investissements et le commerce. Une mission délicate mais essentielle avec une Chine à la fois partenaire incontournable et rivale stratégique.

Précaution et réciprocité

L’Europe tient à coopérer avec Pékin mais avec précaution. Elle entend conserver indépendance et autonomie dans un contexte d’ouverture. Exaspérée par les nombreuses promesses d’ouverture non-tenues, elle voudrait aussi imposer plus de réciprocité de la part des autorités chinoises. En clair, que les entreprises européennes bénéficient en Chine des mêmes conditions que celles offertes aux firmes chinoises dans l’UE.

Aucun progrès majeur n’est attendu aujourd’hui mais depuis cet été la volonté politique de la Chine serait réelle, affirme Michel Kampeneers, COO Overseas à l’agence wallonne pour l’exportation (AWEX). Signe de cette volonté, " les entreprises étrangères peuvent depuis peu s’engager dans le capital d’entreprises chinoises au-delà de 50% de leur capital, jusqu’à 100% " précise Michel Kempeneers. " Tout bénéfice pour les entreprises qui veulent se développer sur cet immense marché et ajoute-t-il, de belles opportunités donc à saisir. Notamment dans les technologies dans lesquelles excellent les chinois : véhicules électriques, trains à grande vitesse, intelligence artificielle, drones… L’Europe et la Belgique peuvent sortir leur épingle du jeu et ont tout intérêt à diversifier leurs partenariats. On ne peut rayer de la carte la première puissance technologique mondiale, également deuxième puissance économique mondiale " conclut Michel Kempeneers.

Outre les questions économiques, plusieurs dossiers sont sur la table : la situation à Hong Kong et le respect des libertés fondamentales, la question de Taiwan ou encore le sort des minorités tibétaine et musulmane (ouïghours, kazakhs, tadjiks…).

Enfin, il sera aussi question de climat. Les 27 se donnent un objectif de neutralité carbone pour 2050. Mais ils veulent pousser Pékin à muscler ses ambitions pour parvenir à la neutralité carbone en 2060 et au pic d’émissions de CO2 dès 2025 mais aussi pour stopper la construction de centrales à charbon.

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