Ce qu'il faut retenir du discours de Jean-Claude Juncker sur l'état de l'Union

Ce mercredi matin, la plupart des eurodéputés sont venus écouter le discours sur l'état de l'Union prononcé par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Une tradition relativement jeune, José Manuel Barros avait été le premier à se plier à cet exercice en 2010. Lors de ce discours, les présidents tracent les grandes orientations politiques pour la nouvelle année européenne. 

"Nous voulons que l'euro unisse notre continent plutôt que de le diviser"

Le discours de Jean-Claude Juncker pour relancer l'Europe sonnait différemment de ceux tenus par certains Etats membres. En France, le président Macron assure que le salut de l'Europe passe nécessairement par un renforcement de la zone euro avec les 19 pays qui ont adopté la monnaie unique jusqu'à présent. Pour Jean-Claude Juncker, la relance du projet européen passe aussi par l'euro mais sans exclusion. L'euro doit être la monnaie unique de tous les pays de l'Union avec à la clef, et c'est une option partagée par Paris et Berlin, un super ministre des finances européen.

La fin de l'Europe à plusieurs vitesses ?

Jean-Claude Juncker a refusé de signer l'acte de décès de l'Europe à plusieurs vitesses: " Non, ce n'est pas une option morte et enterrée. C'est une option qui reste sur la table. Le traité nous permet d'accepter que certains Etats membres qui veulent aller plus loin et plus vite puissent le faire et, que ceux qui ne voudraient pas joindre le mouvement puissent le rejoindre plus tard. Je ne suis pas un fan de ce concept. Mais, s'il faut, je préfère plusieurs vitesses à l'immobilisme."

Les 27 unis après le Brexit

Pour le président de la Commission européenne, la priorité absolue, c'est de préserver l'unité des 27. Il l'a répété à plusieurs reprises. Il veut une Union plus forte, plus unie et plus démocratique. Jean-Claude Juncker ne veut pas laisser la Roumanie et la Bulgarie en dehors de la zone Schengen. Ces deux pays doivent rejoindre immédiatement l'espace de libre circulation.

Le président a également déclaré qu'il était hors de question de jouer la concurrence entre les travailleurs européens. Il ne veut plus de dumping social. On pense bien évidemment à la question des travailleurs détachés. Mais, plus largement encore, Jean-Claude Juncker voudrait que les Etat membres se mettent d'accord sur le socle européen des droits sociaux pour déterminer ensemble ce qui est juste et injuste dans le marché intérieur.

De très longs applaudissements

Des applaudissements nourris ont ponctué le discours du président de la commission. Toutefois, certains eurodéputés n'ont pas hésité à se montrer critique au sujet de l'action de Jean-Claude Juncker, à l'image du coprésident du Groupe des Verts/Alliance libre européenne, le belge Philippe Lamberts : "Sur le papier, je signe la plupart des choses que le président a dites aujourd'hui. Mais, le problème c'est que l'action menée par sa Commission ne va pas exactement dans ce sens-là. Je veux dire les politiques de marché du travail, les politiques commerciales qui sont menées, les politiques aussi de marchés intérieurs... Quand on autorise des produits du genre glyphosate, perturbateurs endocriniens, on peut difficilement dire que tout ça va dans le sens de l'intérêt général." Il faudrait donc passer de la parole aux actes. C'est justement ce que Jean-Claude Juncker demandait aux Etats membres dans son discours ce mercredi. 

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