Une visite en France, le déclic pour la folie meurtrière de Brenton Tarrant

L’auteur présumé de l’attentat qui a coûté la vie à 49 personnes ce vendredi en Nouvelle-Zélande est visiblement ce qu’on appelle un « suprémaciste blanc ». Il considère que la « race » blanche est supérieure aux autres. Il est d’ailleurs adepte de la théorie du grand remplacement, apprend-on dans un texte de 74 pages illustrant ses convictions personnelles qu’il a publié juste avant la tuerie.

La théorie du grand remplacement, d’origine française, est à la base une théorie d’extrême droite selon laquelle la population blanche (française en l’occurrence) est destinée à être remplacée par des étrangers.

« C’est l’idée que les populations autochtones des pays occidentaux, dont fait partie la Nouvelle-Zélande étant donné son histoire, se verraient remplacées par les étrangers. Cette théorie existe depuis toujours au sein de l’extrême droite », détaille Manuel Abramowicz, coordinateur du web journal d’observation de l’extrême droite Resistances.be.

Peu de musulmans en Nouvelle-Zélande

« Cet attentat fait partie d’une stratégie des réseaux d’extrême droite. L’objectif est de radicaliser les modérés. Et donc durcir la situation. C’est la même stratégie que celle utilisée par Daech, qui pousse les populations à voter pour des partis identitaires afin de radicaliser les populations. Et pour radicaliser les musulmans aussi. L’extrême droite raciste milite quant à elle pour le 'chacun chez soi', une sorte d’apartheid planétaire », ajoute Manuel Abramowicz. Il reconnaît qu’il y a peu de musulmans en Nouvelle-Zélande, mais l’idéologie suprémaciste est mondialisée, même si en Europe, on aura plus tendance à parler de « mouvements identitaires ».

Des liens avec Anders Breivik

Sur ses armes, le terroriste a inscrit le nom d’autres suprémacistes blancs passé à l’acte avant lui.

Dans une sorte d’interview de lui-même, il écrit être raciste, s’inspirer grandement d’Oswald Mosley (le fondateur de la BUF, British Union of Fascists, en 1932). « C’est le personnage historique le plus proche de mes propres convictions » écrit-il. Dans ce même texte, il se présente comme un homme blanc ordinaire issu d’une famille d’ouvriers à faibles revenus.

C’est dans ce texte qu’il prétend avoir été en France, où il aurait observé des « envahisseurs » partout où il allait et qui lui aurait donc donné l’envie de passer à l’acte.

Il se serait aussi approché d’Anders Breivik, le tueur de masse norvégien qu’il considère comme un exemple.

Pas de casier judiciaire

L’homme n’était pas fiché par la justice et semble avoir un casier judiciaire vierge jusqu’à présent, ce qui lui a permis de passer sous les radars des forces de police ou de renseignement.

Brenton Tarrant avait suivi une formation de professeur de fitness en sortant du lycée et travaillait dans une salle de gym de 2009 à 2011. Il se serait donc radicalisé lors de ses voyages en Europe.


►►► Lire aussi : L’intervention déterminante de deux policiers locaux qui ont mis fin au massacre


 

 

 

 

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