Une vidéoconférence des donateurs pour les Vénézuéliens ayant fui leur pays

Ce 26 mai, à l’initiative de l’Union Européenne et de l’Espagne, a été organisée une vidéoconférence des donateurs avec pour objectif de lever des fonds en vue d’aider les millions de réfugiés vénézuéliens ayant fui leur pays. C’est le plus important exode d’Amérique du Sud de l’histoire récente. En cours depuis 2015, ses conditions se sont encore aggravées à la suite de la pandémie du COVID-19.

En tout, ce sont plus de 40 pays et institutions financières qui se mobilisent autour des agences de l’ONU, Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (UHHCR), Organisation Internationale de la Migration (OIM) et Union européenne. C’est le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, qui est à la manœuvre.

Une crise de longue haleine

Depuis la mort de Hugo Chavez, en 2013, l’isolement international du Venezuela n’a cessé de croître. Les effets de la crise financière de 2008 ont déclenché la crise économique toujours en cours. La dérive autoritaire du président Nicolas Maduro et l’impossible dialogue entre ce dernier et son opposition ont fait le reste. Le pays est véritablement coupé en deux depuis l’autoproclamation au poste de président de la république du leader de l’opposition, Juan Guaido, en janvier 2019.

5 millions de réfugiés

Mais l’exode des Vénézuéliens a commencé en 2016. Poussés à émigrer par l’affrontement entre pouvoir et opposition mais surtout par une crise économique de grande intensité. Son PIB a été divisé par deux en six ans et l’inflation a atteint le niveau astronomique de 9585% en 2019. Une conjonction entre la chute des prix du pétrole, les sanctions américaines et la gestion gouvernementale.

Le nombre de réfugiés a atteint à présent le niveau de 5 millions essentiellement concentrés en Amérique du Sud et principalement en Colombie. La pandémie du nouveau coronavirus a encore accentué la précarité des réfugiés ce qui en pousse toute une partie à tenter de retourner au Venezuela.

Amnesty international appelle à soutenir l’initiative européenne de soutien des réfugiés qui, selon l’ONG ont fui des violations massives des droits humains. Pour AI, il faut soutenir les pays ayant accueilli la fuite des Vénézuéliens et de manière massive.

Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques d’Amnesty international : "La réponse mondiale doit être proportionnelle à l’ampleur de la crise au Venezuela. La communauté internationale ne doit pas rater cette occasion de faire preuve de solidarité et de fournir aux États d’Amérique latine les ressources financières nécessaires pour garantir la sécurité des personnes qui ont été forcées à fuir le Venezuela."

Risque d’analphabétisme

La population vénézuélienne réfugiée en Colombie voisine, 1,8 million de personnes, n’arrive pas non plus à accéder à des services essentiels tels que des cantines ou à l’éducation. Les jeunes n’arrivent pas à profiter d’opportunités d’éducation ou de formation, essentiels pour la mise en œuvre d’un potentiel et pour un nouveau départ dans leur pays d’adoption.

Bien que la Colombie fournisse un enseignement gratuit, l’importance des arrivées de Vénézuéliens a engorgé les services publics. De plus, les migrants, en situation économique délicate n’arrivent souvent pas à faire face aux dépenses de base telles que celle de transport, de logement ou de nourriture. La crise du Covid-19 ne fait que mettre en lumière une situation dont la précarité était déjà connue avant mars 2020.

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